L'obésité et la maternité ne font pas bon ménage

L'obésité et la maternité ne font pas bon ménage

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Dernière mise à jour: 05-12-2012 | 11h10

Plus de complications pendant la grossesse (notamment hypertension et diabète) et au moment de l'accouchement (davantage de césariennes et d'hémorragies du post partum) pour les femmes, risque accru de fausses couches, de morts in utero, de prématurité, voire de malformations congénitales (neurologiques et cardiaques) chez les enfants: la liste des conséquences négatives de l'obésité n'a cessé de s'allonger ces dernières années.

«Il y a de vrais risques pour la femme et l'enfant qui ne sont pas suffisamment connus des futures mères et des médecins», souligne le Dr Joëlle Belaïsch Allart, spécialiste de l'infertilité et vice-présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, qui tient ses 36e Journées de mercredi à vendredi à Paris.

Elle ajoute que les risques débutent dès le surpoids, et augmentent ensuite parallèlement au poids, faisant de toute femme obèse une candidate à une «grossesse à risque».

L'obésité de la mère multiplie également par deux ou trois les risques d'obésité chez son enfant entre 2 et 4 ans.

 

Un problème de santé publique

Peu fréquente autrefois, l'obésité de la femme enceinte est en passe de devenir un problème de santé publique, avec un taux d'obésité et de surpoids atteignant désormais 32% chez les femmes âgées de 25 à 34 ans (dont 11% d'obèses) et 37% chez les femmes de 35 à 44 ans (dont 16% d'obèses), selon la dernière enquête nationale sur l'obésité ObEpi 2012.

On parle de surpoids pour un indice de masse corporelle (IMC calculé en tenant compte du poids et de la taille), situé entre 25 et 30 et d'obésité au dessus de 30, voire d'obésité morbide au delà de 40.

 

Perdre du poids avant la grossesse

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Au delà des risques encourus, les femmes obèses sont plus fréquemment confrontées à l'infertilité, un phénomène également lié à l'augmentation de l'âge maternel.

Les troubles de l'ovulation sont ainsi nettement plus fréquents tandis que les traitements de stimulation ovarienne sont plus longs et moins efficaces que chez les autres femmes.

«La seule solution pour toutes ces femmes est de perdre du poids avant la grossesse», souligne le Pr Pierre Mares, professeur de gynécologie obstétrique au CHU de Nîmes, qui préconise une prise en charge systématique avant la grossesse, avec l'aide d'équipes pluridisciplinaires.

Il préconise une perte de poids de 5 à 10% chez les femmes obèses, mais le Dr Belaïsch Allart rappelle que la consultation pré-conceptionnelle est «loin d'être entrée dans les moeurs» et qu'il n'est pas toujours facile d'obtenir une réduction pondérale «sans braquer ni blesser la patiente».

Pour les femmes qui viennent en consultation pour une infertilité, les choses sont plus faciles. «Pour les femmes en simple surpoids, nous travaillons avec un nutritionniste, et au-delà d'un IMC de 30, nous proposons une prise en charge par un service de nutrition spécialisé en obésité», explique la gynécologue qui travaille au centre hospitalier des Quatre villes à Sèvres.

«On tente de les convaincre en leur expliquant que l'obésité leur fait courir des risques pour elles-mêmes et pour leurs bébés», ajoute-t-elle, même s'il n'est pas question en France de refuser systématiquement toute tentative de fécondation in vitro (FIV) chez les femmes ayant un IMC supérieur à 35, comme c'est le cas au Royaume Uni.

Mais l'obésité masculine a également sa part de responsabilité dans l'infertilité, en raison d'un risque accru d'anomalie dans leur sperme et d'une baisse de la qualité de celui-ci.

 


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