![]() |
ABC HOMARD Recettes simples |
SEXY Regard des hommes Comment l'attirer? |
PHOTOS Rincez-vous l'oeil! Nos galeries |

| Pub. |
Le moment de la journée et de l'année ne nous convenait pas du tout, mais sincèrement, est-ce que nous pouvons nous permettre de faire la fine bouche par les temps qui courent? Réussir à voir son médecin une fois par année est déjà un privilège, en avoir un tout court est presque devenu un luxe.
Je n'ai pas discuté avec la secrétaire. Tant pis pour les absences à l'école. Examens ou pas, il allait falloir s'organiser. Nous nous sommes pointés au rendez-vous à l'heure dite, malgré les kilomètres que nous devons maintenant parcourir pour nous rendre chez le pédiatre des enfants à LaSalle. Ça nous apprendra à déménager aussi loin du seul médecin de famille que nous avons pu dénicher dans la région de Montréal il y a 10 ans.
À la clinique, la salle d'attente était bondée à craquer. Des dizaines de petits malades toussaient et crachaient leurs microbes dans l'air surchauffé de la pièce. Pire que l'urgence d'un hôpital en pleine crise de H1N1. Pendant un moment, j'ai eu envie de rebrousser chemin. Venir faire de la prévention pour risquer de nous retrouver tous malades à Noël ne me disait rien de bon, mais j'ai pensé à l'autre année d'attente qu'on m'imposerait, puis au problème de santé de mon fils décelé l'année dernière que nous n'aurions jamais découvert sans cette visite annuelle chez le médecin. J'ai aussi songé à ma fille qui n'aura plus le droit de voir notre précieuse pédiatre l'an prochain. Nous sommes restés là à attendre, debout dans un corridor, le plus loin possible de la foule contagieuse, pas trop longtemps, heureusement, car nous avions rendez-vous.
Nous avons vu des mères exaspérées implorer la réceptionniste de faire passer leur petit malade plus rapidement, une autre devenir carrément agressive parce qu'elle ne comprenait pas qu'une mère accompagnée de son enfant lui passe sous le nez alors qu'elle était convaincue d'être arrivée avant elle. Les portes ont claqué. «Si vous n'êtes pas contente madame, allez dans une autre clinique», lui a répondu la réceptionniste à bout de nerfs. Elle est restée, évidemment. Avait-elle d'autres choix? Ailleurs, les choses n'auraient pas été bien différentes.
Je ne sais pas qui est le plus à plaindre dans ce genre de situation: les secrétaires qui doivent gérer les états d'âme d'une centaine de patients impatients par jour ou les patients eux-mêmes qui ne savent plus vers qui se tourner pour obtenir des soins dans un délai raisonnable.
Comparé à d'autres pays, notre système de santé se porte encore relativement bien, mais il faut voir les choses en face: depuis quelques années, il boite dangereusement et son état ne semble pas vouloir s'améliorer. Pour être honnête, je me suis demandé, à voir les cernes sous les yeux de notre pédiatre, comment il fait pour tenir encore debout.
Ma fille aura 18 ans l'an prochain. Du coup, elle ira rejoindre les rangs des deux millions de Québécois orphelins de médecin de famille. Mon propre médecin refuse de prendre la relève de notre pédiatre. Elle arrive déjà difficilement à assurer le suivi de ses patients actuels, m'a-t-elle expliqué. Pas question de prendre une patiente de plus, aussi petite et gentille soit-elle.
Lors de notre dernière visite, notre pédiatre m'a suggéré de mettre le nom de ma fille sur la liste des patients orphelins de notre CLSC. Cette solution n'en est pas vraiment une à court terme, mais bon, d'ici 10 ans peut-être? J'ai tout de même téléphoné, laissé son nom, son adresse. Nous devrions recevoir par la poste un formulaire à remplir que je devrai retourner dûment rempli. J'ignore le nombre de personnes en attente sur cette liste. J'imagine qu'il doit y en avoir bien au-delà d'une centaine… Les plus mal en point ont peut-être une chance de trouver un médecin qui acceptera d'assurer leur suivi plus ou moins rapidement. Pour les autres, je ne compterai pas trop sur cette option, même si le ministre de la Santé, Yves Bolduc, nous a promis cet automne un médecin de famille pour tous les Québécois dès 2016.
Posez plutôt des questions autour de vous. Voyez comment vos amis et voisins se débrouillent avec le même problème. Plusieurs se contentent de fréquenter les cliniques d'urgence sans rendez-vous lorsqu'ils sont très malades, ont besoin d'obtenir une prescription, un conseil, etc. C'est une option, mais encore faut-il pouvoir se permettre de perdre au moins une demi-journée dans une salle d'attente chaque fois.
D'autres se tournent carrément vers le privé, quitte à payer le gros prix pour obtenir un suivi adéquat. Mais encore… En Montérégie, certaines cliniques privées sont si achalandées qu'on a déjà cessé de prendre de nouveaux patients.
Une amie m'a parlé récemment des unités de médecine familiale des hôpitaux universitaires. Si on est à l'aise avec l'idée d'être suivi par un médecin en résidence qui cédera sa place à un nouveau résident tous les deux ans, le temps d'attente pour espérer obtenir l'accès à un médecin de famille y serait moins long. Deux ans en Montérégie.
Pour un suivi gynécologique dans la région de Montréal (pour vous-même ou votre fille), vous pouvez toujours tenter votre chance du côté du Centre de santé des femmes de Montréal ou à la clinique de l'Alternative, rue Saint-Hubert.
Centre de santé des femmes de Montréal
www.csfmontreal.qc.ca
514-270-6110
Clinique de l'Alternative
www.cliniquedelalternative.com
514-281-9848
|
Bien-être : Une cartographie génétique de la schizophrénie
Style de vie : Chauffeur de taxi: un métier qui change Cuisine et Vins : Martin Picard débarquera à Télé-Québec |
Elle & Lui : 30 raisons pour devenir un ex
Mode & Beauté : Zoom sur le style Marilyn Monroe Animal : Paul Watson, un shérif des mers controversé |