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La carte du bonheur de l’Université de Leicester et la base de données sur le
bonheur des nations de l’Université Erasmus placent
plutôt le Danemark en tête de liste. Démocratie,
égalité sociale et atmosphère paisible seraient les
principales clés du bonheur danois. Et le Québec?
Selon un récent sondage de l’IRB, 73 % des
Québécois se disent influencés par la société. Nous
avons donc intérêt à ce que notre bonheur se trouve
au top des priorités de nos élus! Pierre Côté croit que
son IRB peut justement aider les dirigeants en ce
sens: «Il faut que les décisions soient prises en
fonction des gens et de ce qu’ils veulent», soutient-il.
Super!
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Mais d’ici à ce qu’une loi du bonheur
soit adoptée, est-ce que, à part contaminer
mes concitoyens avec ma bonne humeur, je peux
faire quelque chose pour ma société? Selon Pierre
Côté, les Québécois préoccupés par l’état de
l’environnement sont souvent plus heureux. Ses
sondages laissent aussi entrevoir une hausse du
niveau de bonheur chez ceux qui aimeraient
pouvoir s’identifier à un projet collectif. «Quand tu
as la foi en un projet et quand tu es impliqué, ça se
traduit par des améliorations globales, individuelles
et collectives», m’a-t-il précisé. Se rapprocher du
bonheur global en se mobilisant pour sauver la
planète... Quelle heureuse idée!
Le bonheur, ça presse
Mais une dernière chose me chicote: urgence et
bonheur sont-ils vraiment compatibles? Une
réflexion de Pierre Côté m’a accrochée: «Il y en a qui
veulent être heureux à tout prix. On ne peut pas tout
contrôler. Il y a urgence à être soi-même, et c’est ce
qui attirera le bonheur.» Certains philosophes
contemporains dénoncent ce qu’ils appellent «la
dictature du bonheur, la culpabilisation de ceux qui
ne sont pas heureux», souligne Christophe André.
Il
n’y a qu’à penser à Éric Wilson, auteur de
Against
Happiness (Contre le bonheur), ou au Français Pascal
Bruckner, qui voit le fait d’être heureux comme un
devoir qui tyrannise les individus et qui contribue à
les déprimer. Qu’on soit d’accord ou non, c’est vrai
que, perçue comme une obligation, la notion
d’urgence peut nous mettre de la pression. Dans
cette optique, je modifierais ma réponse à la question
de départ: je ne sais pas s’il y a urgence à goûter au
bonheur, mais je connais l’importance qu’il mérite et
je sais que je vais lui donner toute la place dès
maintenant! Et vous?
Page 1. Qu’est-ce qu’on attend pour être heureuse?
Page 2. (suite)