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Le vin rouge est un breuvage très complexe,
contenant plusieurs milliers de
composés phytochimiques qui sont
extraits de la peau du raisin au cours de
la période de fermentation. Que ce soit
les anthocyanidines, les acides phénoliques,
les proanthocyanidines ou différents
flavonoïdes,
toutes ces molécules
font du vin
rouge un breuvage
unique, doté d’un
potentiel antioxydant
hors du commun
ainsi que de
plusieurs activités
biologiques bénéfiques
pour la
santé.
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Un des effets les
mieux documentés
de la consommation modérée de vin rouge
(2 verres par jour pour les hommes et
un verre pour les femmes) est sur la prévention
des maladies cardiovasculaires.
Cet impact positif est en grande partie
dû à l’amélioration marquée de la fonction
du tissu endothélial qui tapisse la
paroi des vaisseaux, un effet qui permet
une meilleure circulation du sang et
réduit ainsi les risques de formation
de caillots qui peuvent mener à un
infarctus.
Selon une étude récente (1), cet impact
positif du vin rouge est beaucoup plus
important que pour d’autres types d’alcools,
en particulier les alcools forts comme
le whisky, ce qui pourrait expliquer la
plus faible incidence de maladies cardiovasculaires
chez les consommateurs réguliers
(et modérés) de vin rouge. Le vin
rouge était également le seul type d’alcool
à ne pas modifier les niveaux de la
capacité de coagulation du sang, un autre
paramètre qui est associé à une protection
de la fonction du coeur. Ces observations
viennent encore une fois confirmer
les propriétés uniques du vin rouge sur
la santé du système cardiovasculaire.
Contre le cancer
Pour ce qui est des autres alcools, d’innombrables
études ont permis d’identifier
la consommation excessive comme
un facteur de risque important de plusieurs
types de cancers, notamment ceux
du système digestif supérieur (la cavité
buccale, du larynx, de l’oesophage). Par
exemple, la consommation quotidienne
de 80 g d’alcool, ce qui correspond à environ
7 oz (213 ml) d’alcool fort, augmente
de 18 fois le risque de cancer de l’oesophage
comparativement aux personnes qui
ne consomment pas d’alcool. Cette hausse
de risque devient encore plus importante
pour les personnes qui fument,
celles-ci ayant alors 44 fois plus de
risques d’être touchées par ce cancer redoutable
(2).
Cet effet néfaste de l’alcool sur le
risque de cancer de l’oesophage n’est cependant
pas observé chez les consommateurs
modérés de vin rouge (3). En effet,
des chercheurs espagnols ont récemment
observé que les personnes qui consommaient
quotidiennement 25 g d’alcool
sous forme d’alcools forts (soit 2 oz)
avaient 2.5 fois plus de risque d’être touchées
par la maladie que les personnes
abstinentes. À l’inverse, les personnes
qui consommaient la même quantité d’alcool
mais sous forme de vin rouge (2
verres) n’avaient pas un risque accru de
développer la maladie. Il est probable que
la présence de grandes quantités de composés
phytochimiques anticancéreux
dans le vin rouge, notamment le resvératrol,
parvient à protéger les cellules des
effets néfastes de l’alcool et prévient leur
transformation en cellules cancéreuses.
Dans l’ensemble, ces observations
viennent nous rappeler qu’il est possible
de fêter tout en prenant soin de sa santé!
(1) Tousoulis et al. Clin. Nutr. 2008; 27: 594-
600.
(2) Seitz et Stickel Nature Rev. Cancer
2007; 7: 599-612
(3) Vioque et al. BMC Cancer 2008, publié
en ligne le 1er août 2008.