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Dans les années qui ont suivi son cri du coeur, il a parfois semblé que le culte de la maigreur avait gagné. Mais pourtant, ces grassouillettes ne semblent pas vouloir se taire. Bien sûr, la perte de poids, l’exercice et la saine alimentation peuvent et devraient être un but. Mais entre-temps, affirment celles qui mènent la charge, ça ne vaut pas la peine de se détester. Parce que même les maigrichons peuvent faire ça.
Beth Ditto, la chanteuse au caractère épineux du groupe punk underground The Gossip, a récemment révélé ses rondeurs dans toute leur glorieuse nudité sur la couverture de l’hebdo britannique NME.
Ditto a indiqué au magazine musical qu’elle ne faisait pas la promotion de son tour de taille, mais «je dis seulement que les gens devraient être fiers de ce qu’ils sont».
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Sensibilisation
Du côté de YouTube, Joy Nash semble avoir touché une corde sensible avec «Fat Rant».
Depuis la mi-mars, près d’un million de personnes ont regardé la vidéo de sept minutes de l’aspirante actrice. On peut y voir la jeune femme de taille 18 encourager les personnes souffrant d’embonpoint à cesser d’utiliser leurs livres en trop pour mettre leur vie sur une tablette et de blâmer ce poids excédentaire pour presque tout ce qui va mal dans leur vie. Elle s’en prend aussi à l’industrie de la mode et à ceux qui jugent les autres à partir de leur taille.
Nash croit que la popularité de sa vidéo signifie que c’est le début de la fin pour ce qui est souvent considéré comme le dernier des préjudices acceptables.
«Je crois que le vent tourne, finalement», a-t-elle indiqué à Sun Media. «Les gens se lèvent et disent "c’est une caractéristique physique. Vous ne me connaissez pas à cause de ce dont j’ai l’air."»
Un véritable combat
L’ancienne vedette de
Star Trek Leonard Nimoy, un invraisemblable porte-parole du droit aux femmes de taille forte de se sentir bien, participe aussi au combat.
Il photographie depuis huit ans des personnes bien en chair. Il publiera cet automne le livre «The Full Body Project», consacré à la mise en valeur des tailles fortes.
Dans un entretien accordé au
New York Times en mai, Nimoy s’interrogeait sur l’industrie milliardaire de la mode, qui repose, est-il convaincu, sur la mise au plancher de l’estime de soi de la femme moyenne.
«Et le plus cruel dans tout ça, c’est que ces femmes se font dire "ton apparence n’est pas correcte."»
Amy Salloway, une dramaturge et actrice de Minneapolis qui fait présentement la tournée des Fringe Festivals avec sa production «Est-ce que ce monologue me fait paraître grosse?» («Does This Monologue Make Me Look Fat?»), affirme que le bien-être reste un combat difficile.
«Du moment que vous vous lancez dans le monde avec votre petit projet de repas et votre petit objectif de manger des céleris et des raisins secs, vous êtes bombardés de haine», raconte Amy Salloway. «Et la haine vous reconduit à votre désir de confort, de saveur, de tout ce qui vous tombe sous la main et qui vous permettrait de vous sentir aimé et bien au chaud.»
Après des années de recherche sur l’estime de soi, Jennifer Crocker, professeure de psychologie de l’Université du Michigan, affirme qu’une des façons d’aider les personnes qui ont de l’embonpoint à se sentir bien est de concentrer leur énergie sur les façons de s’impliquer davantage avec les autres et de leur donner davantage. C’est une opinion répétée par Joy Nash, qui exhorte les personnes de tailles fortes à ne pas utiliser leur embonpoint pour justifier le fait qu’elles «ne travaillent pas sur aucun autre aspect de leur personnalité».
«Une des choses qui rend les personnes vulnérables aux stigmates est leur tendance à se concentrer sur"'est-ce que je vais être rejetée? Est-ce que je vais obtenir cet emploi?"», poursuit Mme Crocker. «Ca a souvent quelque chose à voir avec ce que les gens pensent d’eux.»