Il joue les homosexuels pour attirer les femelles

Il joue les homosexuels pour attirer les femelles

Un poisson molly taupe (Poecilia mexicana) | Photo courtoisie 

Agence France-Presse

Dernière mise à jour: 12-12-2012 | 10h42

Pas facile de séduire lorsqu'on est un mâle chétif et terne... Chez le molly taupe (Poecilia mexicana), proche cousin des guppys bien connus des aquariophiles, la femelle préfère a priori les gros mâles dominants aux couleurs chatoyantes.

Sûrs d'eux et de leurs muscles, ces derniers veillent d'ailleurs jalousement sur leur banc de femelles, repoussant agressivement les rivaux malingres qui prétendraient nager sur leurs plates-bandes.

Mais Madame molly taupe, qui cumule décidément tous les clichés chers aux séries télévisées, a également un faible pour les coureurs de jupons.

 

Des femelles envieuses

Plus exactement, les biologistes se sont aperçus qu'elle avait tendance à observer avec quel mâle sa voisine copulait pour jeter à son tour son dévolu sur lui.

Un suivisme qui servirait aux femelles à juger sur pièces des capacités reproductrices d'un partenaire tout en leur épargnant la peine de chercher un candidat à la paternité.

David Bierbach et ses collègues de l'Université allemande de Francfort se sont demandés si ces cette prédilection des femelles pour les mâles sexuellement actifs et ces pratiques homosexuelles des mâles chétifs n'étaient pas liées.

Leurs expériences ont été probantes, indiquent-ils dans une étude publiée mercredi dans la revue Biology Letters de la Royal Academy britannique.

L'attirance des femelles augmente bien après avoir observé un mâle titiller les organes (ces caresses bucco-génitales sont jugées de bon ton chez cette espèce de poisson) d'un de ses petits camarades, qu'il s'agisse d'une femelle ou d'un autre mâle.

 

La femelle molly n'est pas dupe

Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, la femelle molly n'est pas dupe, elle a parfaitement conscience que le mâle en question fricote avec un autre mâle.

Cela ne fait tout simplement pas de différence pour elle, souligne l'étude.

«Ce comportement homosexuel est régulièrement observé chez les petits mâles Poecilia mexicana, nous présumons donc qu'il s'agit d'une tactique utilisée par les mâles non dominants pour contourner la préférence intrinsèque des femelles envers les grands mâles dominants et colorés», concluent les chercheurs.

Selon eux, le phénomène observé chez les poissons pourrait également expliquer certains comportements bisexuels qu'on retrouve chez les mâles de nombreuses espèces grégaires, l'être humain compris.

Et l'étude de citer Woody Allen, pour qui «la bisexualité double instantanément les chances d'obtenir un rendez-vous le samedi soir».
 


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