Le cochon est plus près de l'homme que ce vous croyez

Le cochon est plus près de l'homme que ce vous croyez

Photo: Fotolia 

Véronique Martinache

Dernière mise à jour: 14-11-2012 | 13h33

«Cette publication est le résultat d'une collaboration internationale de plus de 10 ans», a souligné David Milan, chef du département de génétique animale à l'Institut scientifique de recherche agronomique (Inra), où le Consortium international pour le séquençage du génome du porc a été initié.

Les scientifiques ont comparé le génome du porc domestique (Sus scrofa domesticus), que l'on retrouve communément dans les fermes, avec celui de 10 races de sangliers présents en Europe et en Asie. Ils ont également comparé son génome avec celui de l'homme, de la souris, du chien, du cheval et de la vache.

Le cochon et son cousin le sanglier partagent beaucoup de points communs avec les humains: ils savent s'adapter, colonisent des territoires et nuisent souvent à leur propre habitat; ils se laissent domestiquer, mais retournent à la vie sauvage quand les conditions s'y prêtent...

Le porc est également proche de l'homme d'un point de vue anatomique et physiologique, et il est déjà utilisé pour soigner les humains: chirurgie cardiaque (valves aortiques), production d'héparine (anticoagulant)... Cette proximité en ferait aussi un bon candidat pour les greffes d'organes.

L'analyse génomique révèle de nouvelles similitudes avec l'homme qui l'a domestiqué il y a quelque 10 000 ans.

Les chercheurs ont ainsi identifié chez l'animal un certain nombre de mutations impliquées dans des maladies humaines, comme l'obésité, le diabète ou encore les maladies de Parkinson et d'Alzheimer.

Le porc pourrait donc s'avérer «un modèle utile» pour étudier ces maladies humaines et leur traitement, a expliqué un des chercheurs, Alan Archibald (Université d'Edimbourg).

Nez fin

Dans le domaine de l'élevage, l'analyse du génome du porc pourrait favoriser la sélection d'animaux produisant une viande de meilleure qualité, à meilleur coût, et avec un impact moindre sur l'environnement.

Les ancêtres du porc domestique sont apparus dans le sud-est asiatique entre 5,3 et 3,5 millions d'années avant notre ère et ont progressivement migré vers l'Eurasie. La comparaison entre les sangliers asiatiques et européens révèle une scission il y a environ 1 million d'années et des différences génétiques telles qu'ils peuvent être considérés comme des sous-espèces distinctes.

L'étude des gènes gouvernant les caractéristiques propres au porc pourrait notamment permettre de comprendre les circonstances dans lesquelles il a été domestiqué par l'homme. Sa capacité à manger ce que l'homme n'apprécie guère pourrait être une des raisons, suggèrent les chercheurs.

Car si le porc présente un plus grand nombre de gènes olfactifs (1301) que l'homme ou d'autres mammifères, ce qui lui confère un excellent odorat, d'ailleurs utilisé par l'homme pour chercher des truffes, son sens du goût laisse manifestement à désirer.

L'analyse génomique montre que les porcs ont moins de gènes codant pour les récepteurs du goût amer que les humains et que les gènes impliqués dans la perception de certains goûts sucrés sont différents chez le porc et chez l'homme.

Le cochon peut ainsi avaler des aliments très salés ou considérés comme répugnants par l'homme.


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