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À partir de femelles oeuvées capturées par les pêcheurs, les œufs sont récoltés pour une éclosion en laboratoire, avant d’être ensemencés en mer, afin de favoriser un meilleur taux de survie des crustacés.
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« L’objectif de cette démarche est de tenter de contrôler le 10 % de variation qu’on peut observer dans la ressource d’une année à l’autre, afin de stabiliser les revenus des pêcheurs », a indiqué O’Neil Cloutier, président du RPPSG. Le projet en est à sa troisième année d’exécution. La production de jeunes homards en laboratoire a nécessité deux années de mise au point avant de pouvoir produire, en 2012, 65 000 petits.
« Dans la nature, le taux de survie à partir de l’œuf est de moins de 1/1000. Ici, on porte ce taux de 15 à 30 % », a indiqué Jean Côté, directeur scientifique pour le projet. Conscients du potentiel de l’ensemencement, les pêcheurs de la région participent activement au projet, en récoltant des femelles oeuvées et en déposant les jeunes homards en mer. Bien que les résultats ne puissent pas être totalement observés avant la maturité des homards, vers 7 ou 8 ans, un recensement est effectué par des plongeurs afin d’évaluer le taux de survie des jeunes homards déposés en mer.
Les femelles homards pondent leurs œufs dans des bassins, lesquels sont récoltés et menés à l’éclosion dans des bacs où le courant est très fort. « Les larves sont cannibales. Alors, on crée du mouvement pour ne pas qu’elles se dévorent entre elles », a indiqué Jean Côté. Les larves sont nourries grâce à des artémis (des crustacés miniatures) et des algues microscopiques cultivées sur place. Après environ 11 jours, les larves atteignent un stade où elles ressemblent à des petits homards. Elles sont ensuite placées dans des alvéoles individuelles où de l’eau contenant de la nourriture circule afin de les alimenter. On pourrait comparer ces alvéoles à des parcs d’engraissement pour le bétail : ce sont des cellules où le jeune homard grandit à l’abri de ses congénères et où il est alimenté trois fois par jour. À l’âge d’environ un mois et demi, les jeunes homards sont disposés dans des plateaux recouverts d’une feuille de papier, puis les plateaux sont déposés en mer. Quand les homards sont prêts, ils percent la feuille de papier qui les protège et rejoignent le milieu marin. « Certains vont avoir le bon réflexe, celui de s’abriter, alors que d’autres vont devenir la proie des prédateurs en restant à découvert », a expliqué M. Côté. Les sites d’ensemencement sont donc choisis avec précaution : « ils doivent être situés dans des zones où vont les pêcheurs et ils doivent contenir des abris naturels pour assurer la survie des jeunes homards », a-t-il ajouté.
À la fin de celui-ci, un autre projet visant à améliorer le taux de survie des homards et la productivité sera déposé par le RPPSG. L’objectif demeure le même : stabiliser la ressource pour stabiliser les revenus des pêcheurs. Ce type de démarche est par ailleurs déjà implanté au Nouveau-Brunswick où 300 000 jeunes homards sont relâchés dans la mer chaque année, a ajouté O’Neil Cloutier.
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