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La méduse plus meurtrière que le requin
Photo: Fotolia.com
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La méduse plus meurtrière que le requin

Malgré son aileron et ses impressionnantes mâchoires, le requin tue dix fois moins que les méduses, soulignent des spécialistes pour qui la psychose suscitée par les squales, comme à l'île de La Réunion, reste sans rapport avec le nombre d'attaques dans le monde.

AFP

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Depuis dix ans, entre cinquante et cent attaques de requins sont recensées chaque année contre l'homme, pour moins de dix morts en moyenne, selon l'«International Shark Attack File», la référence statistique dans ce domaine.

«Les méduses, par exemple, tuent environ 100 personnes chaque année, même si c'est moins spectaculaire de se faire piquer par une méduse que croquer par un requin», indique à l'AFP Robert Calcagno, directeur général de l'Institut et du Musée océanographique de Monaco.

D'un point de vue purement statistique, les squales apparaissent aussi bien moins dangereux que les éléphants, qui «tuent 600 personnes par an», les scorpions (5 000 décès) ou les serpents (100 000), énumère-t-il.

Les attaques de requins passent toutefois rarement inaperçues et sont deux fois plus nombreuses aujourd'hui que dans les années 80. Des attaques attribuées à quatre espèces principales: le célèbre requin blanc des Dents de la mer, le requin tigre, le requin bouledogue et le requin taureau.

À l'île française de La Réunion, où les attaques se multiplient depuis un an et ont causé la mort d'un jeune surfeur en juillet, les requins bouledogues et tigres sont dans le collimateur des autorités qui ont demandé lundi la capture d'une vingtaine d'animaux dans le cadre d'une pêche à «caractère scientifique».

Pour les spécialistes de l'animal, l'augmentation de la pratique du surf et des sports nautiques explique vraisemblablement la hausse des attaques au niveau mondial. La raréfaction du poisson, pour cause de surpêche, pourrait aussi inciter les requins à aller chercher de la nourriture dans des endroits où ils n'allaient pas auparavant.

Un animal menacé

Mais les effectifs de requins, eux, sont globalement en baisse, notamment en raison d'une pêche importante - 30 à 70 millions de squales seraient capturés chaque année - pour satisfaire la demande de l'Asie pour les ailerons considérés à tort comme un aphrodisiaque.

Certaines espèces sont même aujourd'hui menacées d'extinction.

Un problème pour l'avenir des océans car «les requins sont indispensables aux écosystèmes marins», relève Philippe Vallette, directeur général du Centre de la mer Nausicaa, à Boulogne-sur-mer, dans le nord de la France.

«S'ils disparaissent, ils ne font plus leur métier de top-prédateurs qui est de manger les prédateurs au-dessous d'eux», modifiant profondément l'équilibre des milieux où ils régnaient, explique l'océanographe.

Éduquer plutôt qu'éradiquer

Pour combattre la psychose anti-requin, le scientifique estime notamment qu'il faudrait davantage l'étudier car «on connaît encore très mal le comportement des requins».

Il faut aussi, peut-être, sensibiliser toujours plus les surfeurs sur les moments de la journée ou les conditions de turbidité de l'eau à éviter.

«Est-ce que les surfeurs respectent les consignes données, sont-ils soucieux de bien connaître l'environnement où ils entrent?», s'interroge l'océanographe Catherine Vadon, maître de conférence au Muséum d'Histoire naturelle à Paris.

«Il faut être plus raisonnable, et apprendre à composer avec la nature», plaide-t-elle, regrettant que les autorités de la Réunion aient fait le choix d'«éradiquer» vingt requins.

Pour Philippe Vallette, toutefois, cette décision «n'aura aucun impact sur les écosystèmes et si ça peut permettre de calmer les esprits, pourquoi pa?»

 

 

MicasaCanoë VoyagesLifewise
23 mai 2013

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