Agence QMI

Le taux de pauvreté augmente chez les aînés

OTTAWA - Loin de s'améliorer, la situation économique des aînés se détériore et le taux de pauvreté est considérablement plus élevé chez les personnes vivant seules, selon une étude publiée mardi par l'Institut Broadbent.

Les futurs retraités qui n'ont pas de régime de retraite au travail, actuellement âgés de 55 à 64 ans, se retrouve dans une grande précarité. L'étude de l'Institut Broadbent révèle que la valeur médiane des liquidités de ces travailleurs s'élève seulement à 250 $, pour ceux dont les revenus annuels varient de 25 000$ à 50 000$ et de 21 000 $, pour ceux dont les revenus se situent entre 50 000 $ à 100 000 $.

L'auteur de cette étude, le statisticien Richard Shillington de Tristat Resources, juge que les programmes destinés à apporter un peu d'oxygène à ces personnes vulnérables sont insuffisants. L'allocation de Sécurité de la vieillesse (SV) et le Supplément de revenu garanti (SRG) «tirent de l'arrière» selon lui.

«Si on utilise la mesure de faible revenu, nous voyons que la pauvreté chez les aînés a augmenté d'un point bas de 3,9 % en 1995 à 11,1 % en 2013», mentionne cette étude. Cette réalité est plus présente chez les personnes vivant seules et pire aussi pour les femmes seules, dont 30 % sont pauvres.

Devant ces données et constatant que le fossé se creuse entre les prestations disponibles et le seuil de faible revenu, Rick Smith, directeur de l'Institut Broadbent, fait un constat sans équivoque

«Nous avons sur les bras une crise des revenus à la retraite, une crise qui exige dès maintenant une action gouvernementale urgente», a estimé M. Smith.

La solution, par ailleurs, ne semble pas pointer vers la bonification de programmes pour suppléer à l'absence de régime de retraite au travail comme le RÉER ou le CÉLI.

«La panoplie des politiques publiques offrant des options d'économie "volontaires" - telles les RÉER, les CÉLI, les régimes de retraite de groupe et les tout récents régimes de pension agréés collectifs (RPAC) - a démontré son incapacité à combler le fossé entre des régimes de retraite au travail, d'ailleurs de moins en moins nombreux, et un Régime de pension du Canada offrant des bénéfices limités», conclut l'étude.

Sans avancer de véritables solutions concrètes, l'Institut Broadbent soutient qu'il existe un besoin pressant d'augmenter le revenu de retraite et d'apporter des modifications au Supplément de revenu garanti (SRG), en particulier pour les personnes qui vivent seules. La bonification du SRG devrait être supérieure à 10 % selon l'étude.

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