Anne-Hélène Dupont
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Placements: les jeunes femmes manquent de confiance

Placements: les jeunes femmes manquent de confiance

Trop de jeunes femmes manquent d'assurance.Photo Fotolia

Anne-Hélène Dupont

MONTRÉAL - Un récent sondage CIBC nous apprend que plus de la moitié (58 %) des femmes manquent de confiance lorsque vient le temps d'investir, comparativement à seulement un tiers (36 %) des hommes. Exploration de ce phénomène et des moyens d'y remédier.

Le sondage, réalisé en décembre dernier par la firme Angus Reid auprès de plus de mille Canadiens de 18 à 34 ans, révèle qu'au sein de la génération Y, les femmes sont moins nombreuses à investir: 61 % des femmes sondées avaient des placements (actions, obligations, certificats de placements garantis et fonds communs de placement, notamment), alors que c'est le cas de 73 % les hommes de la même tranche d'âge.

Ces résultats n'étonnent pas Hélène Marquis, directrice régionale, planification fiscale et successorale chez Gestion privée de patrimoine CIBC: «Ça fait 15 ans que j'en parle! C'est un éternel recommencement.»

Le besoin de savoir

À son avis, si les jeunes femmes manquent d'assurance en ce qui a trait à la finance, c'est en partie parce que la possibilité d'investir est relativement récente pour les femmes. Leur rapport à l'argent, traditionnellement limité à la gestion du budget familial, a aujourd'hui bien changé, rappelle Mme Marquis.«Les jeunes femmes sont plus instruites, elles ont plus de moyens pour investir et doivent préparer leur retraite, mais c'est nouveau pour elles.»

Les femmes auraient en outre un plus grand besoin de comprendre avant d'agir: «Les gars 'savent', dit-elle avec une pointe d'ironie. Ils sont plus joueurs, plus intrépides, ils prennent plus de risques. Les femmes se renseignent davantage avant d'investir. Elles sont plus réfléchies, posent plus de questions.»

L'étude menée pour le compte de la CIBC indique elle aussi que les connaissances sont le nerf de la guerre: 54 % des répondantes voient les lacunes de leur savoir financier comme le principal obstacle à leurs investissements. En comparaison, seuls 30 % des hommes identifient le manque de connaissances comme leur problème le plus important en tant qu'investisseur.

Être conscient des limites de son savoir financier n'est cependant pas un défaut quand cette conscience s'accompagne de la volonté d'apprendre. Mme Marquis est en effet d'avis que le développement des connaissances est la clé de la réussite. En s'informant avant d'investir, on serait en effet mieux outillé pour éviter une erreur que Mme Marquis range parmi «les plus courantes et les plus dommageables»: céder à la panique en période de correction boursière et se retirer du marché.

Pour les hommes de la génération Y, c'est plutôt la difficulté à obtenir les rendements escomptés qui figure en tête de liste: 46 % d'entre eux y voient leur défi numéro 1 en tant qu'investisseur. Un point de vue que partagent 30 % des femmes du même âge.

Une autre méprise courante, selon Hélène Marquis, consiste à tenter de prévoir le comportement des marchés. Il s'agit d'ailleurs d'une difficulté à laquelle disent se heurter 21 % des Y qui possèdent des placements.

«Personne ne peut anticiper ce qui arrivera sur les marchés, particulièrement en période de volatilité comme ces temps-ci. Ça ne sert à rien de courir après les rendements; il faut développer sa propre politique d'investissement et s'y tenir.»

Des trucs pour s'y retrouver


Le milieu financier, avec ses acronymes et son jargon, a de quoi intimider les investisseurs débutants. Par où commencer pour s'informer? Hélène Marquis suggère de consulter les sites Web des banques, qui offrent des calculateurs en ligne (pour établir son budget ou estimer les paiements d'une hypothèque, par exemple), de même que des articles de vulgarisation sur la finance.

Elle suggère aussi de prendre rendez-vous avec un conseiller de l'institution financière avec laquelle on fait affaire. Ce professionnel a le devoir de nous informer et de bien évaluer notre situation financière de même que notre tolérance au risque afin de nous guider dans nos placements.

«Il ne faut pas avoir peur de poser des questions. S'informer, c'est ce qui permet de devenir confiant», conclut Mme Marquis.

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