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La Régie anticipe de faibles hausses de loyer en 2016

La Régie anticipe de faibles hausses de loyer en 2016

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MONTRÉAL - La Régie du logement a établi vendredi les pourcentages auxquels propriétaires et locataires pourront se référer pour déterminer les augmentations de loyer en vue des renouvellements des baux domiciliaires, et ces taux sont très bas.

Selon les estimations moyennes d'augmentation de base pour 2016, la Régie considère que les augmentations devraient être de 0,7 % pour les logements chauffés à l'électricité, 0,2 % pour ceux chauffés au gaz et 0,4 % pour ceux non chauffés. Elle propose même une baisse de 4,2 % pour les logements chauffés au mazout.

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a profité du dévoilement des taux de la Régie pour rappeler aux locataires de prendre le temps de considérer la demande d'augmentation soumise par un propriétaire.

«Les locataires ont le droit de refuser une hausse de loyer et de demeurer dans leur logement», a affirmé Isabelle Monast-Landriault, porte-parole du RCLALQ, qui souligne que plusieurs personnes hésitent à refuser leur hausse de loyer.

Le RCLALQ prévient toutefois que plusieurs éléments doivent être pris en compte avant de conclure qu'une hausse est exagérée. La Régie précise d'ailleurs que ses données sont des estimations et qu'il faut parfois tenir compte des spécificités de chaque immeuble. Ces augmentations suggérées ne tiennent pas compte non plus des taxes et des dépenses d'immobilisation, une nuance qui a fait bondir la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) qui considère que ces taux vont engendrés plus de confusion que de clarté.

Pour la CORPIQ les taux d'ajustement de loyer de la Régie du logement sont «trompeurs». Les propriétaires déplorent que les taxes municipales ne soient pas considérées dans le calcul et que les chiffres sur les primes d'assurances soient erronés, entre autres. Selon eux, les taux devraient être trois fois plus élevés.

«En publiant des scénarios loin de la réalité, l'organisme rend plus ardue la période de renouvellement des baux, tant pour les propriétaires que pour les locataires», a déploré le porte-parole de la CORPIQ, Hans Brouillette, dans un communiqué.

La CORPIQ a déploré également l'impact que peut avoir un taux d'ajustement non représentatif sur la volonté des propriétaires d'investir pour rénover leurs immeubles.

«Pour 2000 $ de rénovations dans un logement, par exemple, le loyer mensuel peut être majoré d'un maigre 4,17 $, comparativement à 21,66 $ pour les mêmes travaux qui auraient été faits dans les années 1980», écrit la CORPIQ dans son communiqué.

L'Association des propriétaires du Québec est tout aussi irritée par les taux de la Régie du logement, se disant convaincue qu'il faut revoir les mécanismes de fixation des loyers.

«Les chiffres émis par la Régie du logement ne sont que des indicatifs. Ce ne sont que des estimations et le propriétaire doit faire ses propres calculs car chaque immeuble est différent avec les taux non réalistes annoncés chaque année», a affirmé Martin Messier, président de l'APQ.

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