Josiane Roulez
37e avenue

En banlieue sans voiture: possible?

En banlieue sans voiture: possible?

Utiliser le transport collectif peut être une solution de rechange à la voiture.Photo archives / Agence QMI

Josiane Roulez

Quand une famille déménage en banlieue, elle ne calcule pas toujours le coût de la deuxième voiture dont elle a besoin pour ses déplacements. À moins de décider de s'en passer!

Charles-Antoine ne pouvait concevoir sa vie sans deux voitures lorsqu'il a choisi de s'installer à Chambly avec sa famille. «J'ai affronté le trafic matin et soir pendant quatre ans. Mais lorsque ma conjointe a perdu son emploi, nous avons été contraints de nous départir d'un véhicule. J'ai fait l'essai du transport en commun et ça a été une révélation.»

Avec l'amélioration du service de transport collectif en banlieue, de plus en plus de travailleurs choisissent d'abandonner la voiture. Cette avenue à la fois économique et écologique offre de nouvelles possibilités aux familles qui voudraient quitter Montréal pour la banlieue.

Un choix économique

Julie Dion, professionnelle et maman, a déménagé en banlieue et choisi le transport en commun avant tout pour économiser. «Les maisons à Montréal nous paraissaient hors de prix. Nous avons donc décidé d'opter pour une propriété à Longueuil, à 15 minutes de marche du métro. Mon conjoint utilise la voiture et je voyage en vélo ou en métro. Ainsi, j'économise le coût d'achat d'une voiture et les frais d'essence, de stationnement et d'entretien.»

Charles-Antoine, quant à lui, estime qu'il économise environ 6 000 $ par an en utilisant le transport en commun. «C'est presque un revenu d'appoint! Ça nous aide beaucoup financièrement.»

Des trajets plus longs

Mais pour réaliser ces économies, il faut souvent être prêt à y mettre le temps. Maryse Lamerre, qui habite à Sainte-Julie, utilise exclusivement le transport en commun depuis 20 ans. «Dans mon cas, c'est un choix de vie, car je n'ai jamais aimé conduire. Mais c'est souvent difficile: le trajet entre Montréal et Sainte-Julie peut prendre jusqu'à une heure et demie, alors qu'il faut compter seulement 35 minutes en voiture lorsqu'il y a peu de trafic. Et les pannes de métro sont de plus en plus fréquentes depuis quelques années.»

La conciliation travail-famille s'en trouve aussi compliquée. «Je ne suis jamais à la maison le matin, car je pars très tôt, et je suis à la course le soir pour aller chercher les enfants à la garderie», explique Charles-Antoine. « Heureusement, déménager en banlieue m'a permis de me rapprocher de ma belle-famille, et ils peuvent me dépanner en cas de besoin. »

Une solution écologique... et sportive

Pour Charles-Antoine et Julie, prendre le transport en commun est l'occasion de prendre soin de soi, et de la planète. «L'hiver, je marche jusqu'au métro deux fois par jour, et l'été, j'utilise mon vélo jusqu'au travail. De cette façon, je fais une place au sport dans ma vie. J'ai aussi le sentiment de faire ma part pour l'environnement.»

Comme Julie, Charles-Antoine saute sur son vélo dès le retour des beaux jours. Et de novembre à mai, il utilise les deux heures et demie quotidiennes passées dans les transports en commun pour lire et se reposer. «À Chambly, nous avons des autobus voyageurs avec l'Internet sans fil. C'est très confortable, et beaucoup moins stressant que la voiture.»

Mais le transport en commun est néanmoins strictement réservé aux banlieusards ayant un horaire de jour régulier, car les horaires sont peu flexibles. «Si je travaillais de soir ou de nuit, ce serait carrément impossible», soutient Annie Riverin, qui voyage chaque jour de Beloeil à Montréal. « Si je rate mon train, je dois attendre une demi-heure pour prendre le suivant. »

Un mode de vie

Malgré ces inconvénients, Charles-Antoine ne reviendrait jamais à la voiture. «Je ne m'en passerais plus, c'est devenu un véritable mode de vie ! Au fond, c'est une façon de prendre du temps pour moi.»

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