Mylène Péthel
Agence QMI

Hôtel: une taxe pour la location en ligne?

Hôtel: une taxe pour la location en ligne?

Des changements législatifs attendus d'ici la fin de 2014. Photo AFP

Mylène Péthel

MONTRÉAL - L'Association des hôteliers du Québec (AHQ) est d'avis que tous ceux qui offrent des services de location d'hébergement devraient percevoir les taxes fédérales et provinciales, ainsi que la taxe d'hébergement.

À l'affût de prix attrayants, les voyageurs se tournent vers les plateformes de location en ligne. «C'est ça qui fait mal à l'industrie. On note une diminution constante de l'achalandage dans les établissements en règle. Ce n'est pas la seule explication, mais il faut s'assurer qu'il ne se développe par un réseau parallèle, illégal», de poursuivre Danielle Chayer, présidente-directrice-générale de l'AHQ.

Ces sites sont nombreux, notamment pour la location de chalets partout au Québec : RSVP chalets, Chalets de vacances ou encore pour la location outre-mer, comme L’Antre amis.

Selon ce qui ressort des travaux du comité chargé de se pencher sur l'hébergement illégal, Québec évalue actuellement la possibilité d'exiger l'inclusion d'une taxe d'hébergement à même les tarifs de location d'Airbnb, à l'instar de San Francisco et Portland.

Des changements envisagés

Eve Paré, présidente-directrice générale de l'Association des hôtels du grand Montréal est en faveur de tels changements. «S'il était possible d'envisager de percevoir la taxe sur l'hébergement, alors l'environnement d'affaires serait plus équitable. C'est une option qui mérite d'être étudiée», a-t-elle soutenue.

La taxe d'hébergement varie d'une région touristique à une autre et s'élève à 2 $ ou 3 $ par nuitée, ou encore de 3 % ou 3,5 % du prix de la nuitée.

Frédéric Gonzalo, conférencier-consultant en tourisme numérique, est d'avis qu'il faut effectivement légiférer pour l'ensemble des sites du genre. «Les nouvelles technologies commandent de nouvelles façons de faire. Il faut sortir du cadre et amorcer une réelle discussion.»

Selon lui, il est urgent de trouver un équilibre. «Le mouvement est en marche, comme lorsqu'au début des années 2000 l'arrivée de Napster a transformé l'industrie musicale. Il ne faut pas tuer l'économie collaborative, mais le statu quo est intenable.»

Taxés et classifiés?

Le Québec est un des rares endroits dans le monde où la classification de l'établissement est obligatoire pour exploiter un service d'hébergement. La Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ) délivre ces classifications au coût d'environ 250 $, moyennant plusieurs conditions.

«Si des taxes sont perçues, il faudrait logiquement que ces établissements soient classifiés. Mais on pourrait aussi envisager, sous certaines conditions, que certains n'aient pas à l'être», a avancé Danielle Chayer.

Elle s'attend à des changements législatifs d'ici la fin de 2014.

Hébergement illégal

Revenu Québec participe aux travaux du comité sur l'hébergement illégal. Le porte-parole, Stéphane Dion, confirme que «toutes les mesures pour contrer l'évasion fiscale sont actuellement à l'étude, mais qu'aucune décision n'a été prise».

En 2012-2013, Revenu Québec a mené 2626 interventions dans le secteur de l'hébergement, ce qui a permis de récupérer 6,6 millions $.

L'Association des gîtes et résidences touristiques de Montréal évalue qu'il y a près de 6500 établissements illégaux contre 117 légaux, à Montréal seulement.



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