Audrey Neveu
37e avenue

Où acheter son vin (ailleurs qu'à la SAQ)?

Où acheter son vin (ailleurs qu'à la SAQ)?

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Audrey Neveu

Des milliers de bouteilles n'attendent que d'être goûtées sur les étagères de la SAQ. Pour les aventureux du vin, quelques autres options existent pour partir à la découverte de cépages ignorés par le monopole québécois.

Importation privée

Grâce au Regroupement des agences spécialisées dans la promotion des importations privées des alcools et des vins (Raspipav), il est possible de commander un produit alcoolisé qui n'est pas disponible en succursale à la SAQ. Le Raspipav passe une commande auprès de la société d'État, mais il faut être certain d'aimer son vin. L'achat se fait à coup de 6 ou 12 bouteilles et la livraison peut prendre jusqu'à 4 mois.

Le Raspipav tient annuellement deux salons de vins d'importation privée, au printemps et à l'automne. C'est l'occasion de rencontrer plus de 150 vignerons et de goûter à quelques-uns des 2000 cépages présentés. Si coup de cœur il y a, on peut se faire livrer jusqu'à 12 bouteilles pour le même tarif. Les prochains salons auront lieu le 29 octobre 2015 à Québec, et du 31 octobre au 2 novembre à Montréal.

Les épiceries et dépanneurs

Les vins de nos épiceries sont reconnus pour être de médiocre qualité, un contraste saisissant avec l'Europe. Pourtant, un sondage de la coalition Le Québec dans nos verres révèle que 90 % des Québécois sont très fortement en faveur de la vente de vins et alcools québécois en épiceries et en dépanneurs.

Pour l'instant, seules les entreprises détenant un permis d'embouteillage peuvent y vendre des vins de la SAQ, sans afficher le nom du cépage. Ce sont habituellement les bouteilles sous clé, vendues environ 30 $.

«Si l'on est pris un dimanche à 18 heures, on peut prendre ces vins, car ils sont assez bons et offrent une flexibilité, mais on ne sait pas d'où ils proviennent», affirme Frédéric Laurin, professeur d'économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières et auteur du livre Où sont les vins?.

Les vignobles québécois

Pour dénicher de belles trouvailles, rien de mieux que de visiter les vignobles de sa région en voiture. «Hormis l'île d'Orléans, la majorité des vignobles est située à moins d'une heure et demie de Montréal», fait valoir Pierre Birlichi, président du Raspipav. Les destinations phares: la Montérégie, les Cantons-de-l'Est et le Centre-du-Québec.

Avec une marge brute d'environ 145 % imposée par la SAQ sur les produits, «certains producteurs préfèrent défendre leurs vins sur leur lieu de production, pour mieux expliquer leur philosophie, et parce qu'ils n'arrivent pas à les vendre à la SAQ», selon Frédéric Laurin. Visiter un vignoble signifie donc meilleur prix et meilleur rapport avec le viticulteur!

Des cavistes québécois?

Frédéric Laurin propose d'ailleurs la mise sur pied de petites boutiques de vin, des cavistes, qui pourraient importer, distribuer et vendre librement vins et alcools au Québec. Il suggère un projet pilote de 5 à 8 cavistes, qui devraient présenter un projet spécifique et original, à l'instar de la bouffe de rue à Montréal. Cette libéralisation partielle offrirait une plus grande diversité de produits à prix abordable, particulièrement pour les produits québécois qui bénéficieraient d'ambassadeurs motivés.

Cette proposition ne relève plus du rêve en couleur, puisque la commission de révision permanente des programmes recommande l'abolition du monopole de la SAQ. Une nouvelle mouture d'un projet de loi favorisant les alcools québécois doit aussi être déposée sous peu à l'Assemblée nationale par le gouvernement. Ces petites ouvertures pourraient donner naissance à d'autres initiatives de diversité comme celle de Frédéric Laurin... si Québec le permet.

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