Catherine Girouard
37e avenue

Dossier de crédit: ce que regardent les prêteurs

Dossier de crédit: ce que regardent les prêteurs

L'étude d'un dossier de crédit par les institutions financières avant d'accorder un prêt ne se limite pas à la cote de crédit. Photo Fotolia

Catherine Girouard

L'étude d'un dossier de crédit par les institutions financières avant d'accorder un prêt ne se limite pas à la cote de crédit. Bien qu'elle soit importante, elle n'est qu'un élément parmi plusieurs autres à être pris en considération.

«La cote de crédit est la troisième chose qui est vérifiée par les institutions», fait valoir Pierre-Luc Lafontaine, conseiller en sécurité financière et représentant en épargne collective pour le Groupe Investors. Et bien que l'étude du dossier de crédit se fasse de façon similaire d'une institution à l'autre, les normes ne sont pas universelles et peuvent quelque peu varier d'un prêteur à l'autre.

En règle générale, la première chose qui est prise en compte dans un dossier de crédit est la proportion des revenus récurrents par rapport aux dettes. Une formule simple peut être utilisée pour donner une idée du ratio recherché.
«On estime que la capacité d'emprunt d'une famille est 3,25 fois son revenu familial brut moins ses dettes immédiates, explique M. Lafontaine. Par exemple, une famille qui fait 200 000 $ de revenus pourrait en théorie acheter une maison de 650 000 $, et si elle a 50 000 $ de dettes, ce montant baisse à 600 000 $.» La première étape de l'analyse se base donc sur ce genre de calcul.

Les ratios

Deux ratios sont ensuite calculés. Premièrement, l'amortissement brut de la dette (ABD). «On calcule le capital et intérêt qu'on doit rembourser chaque mois (taxes, électricité, frais de condo) et on le divise par le revenu, explique le conseiller financier. Ainsi, on détermine quel pourcentage de mon revenu annuel est disponible pour faire "virer" la maison, comme on dit.» Ce ratio ne doit pas excéder 38 % des revenus bruts.

Est calculé ensuite l'amortissement total de la dette (ATD). «On ajoute au premier calcul toutes les dettes personnelles, comme les marges de crédit, le paiement auto et tous les engagements financiers de toute autre source», énumère Pierre-Luc Lafontaine. Les normes gouvernementales exigent que ce ratio ne dépasse pas 44 % des revenus bruts.

La SCHL offre sur son site internet une calculatrice de capacité d'emprunt hypothécaire. http://www.cmhc-schl.gc.ca

La cote

La cote de crédit entre ensuite en ligne de compte. « Il sera pratiquement impossible d'obtenir un prêt avec une cote de crédit en bas de 500, dit le conseiller financier. Entre 500 et 600, il y a quelque chose à faire, et entre 600 et 900, c'est excellent. »

Il est possible de connaître sa cote de crédit en achetant un rapport sur Equifax Canada (www.consumer.equifax.ca).

Autres facteurs

Plusieurs autres données sont aussi regardées. La liquidité disponible, par exemple, aura son poids dans la balance. « Mais attention, de l'argent dans un REER n'est pas considéré comme de la liquidité », explique M. Lafontaine. Tout simplement parce que cet argent ne peut pas être utilisé comme bon nous semble.

Des REER paraîtront certes bien dans notre dossier tout de même, mais de l'argent dans un CELI (compte d'épargne libre d'impôt), celle-ci étant considéré comme de la liquidité, fait aussi bonne figure. « L'idéal, c'est de ne pas utiliser le même véhicule d'épargne pour tout notre argent», résume enfin M. Lafontaine. La diversité est à privilégier.

L'historique d'emploi et de revenu est aussi étudié. Il sera plus aisé d'obtenir un prêt avantageux pour quelqu'un qui a un emploi permanent au même endroit depuis 3 ans que pour un travailleur autonome, par exemple.

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