Michel Morin
Agence QMI

Hydro-Québec: la plus faible hausse de tarifs en quatre ans

Michel Morin

MONTRÉAL - Les tarifs d'électricité des quatre millions de clients d'Hydro-Québec augmenteront de 0,7 % à compter du 1er avril prochain. Il s'agit de la plus faible hausse en quatre ans, alors que la société d'État réclamait une majoration de 1,7 %.

Cette décision de la Régie de l'énergie a été rendue mardi matin.

L'augmentation générera des revenus supplémentaires de 65 millions $ pour Hydro-Québec.

La Régie de l'énergie a précisé qu'un client résidentiel dont la seule source de chauffage est l'électricité verra sa facture annuelle s'accroître de 11 $, en moyenne.

Depuis 2013, les tarifs d'électricité ont augmenté de 9,9 %, soit 2,4 % en 2013, 4,3 % en 2014 et 2,9 % en 2015. Ces augmentations sont principalement attribuables à l'entrée en service de parcs éoliens.

Pour 2016, s'il n'y avait pas eu d'approvisionnement d'électricité provenant des énergies renouvelables, comme les parcs éoliens, les consommateurs auraient eu droit à une baisse de 0,4 % de leurs tarifs d'électricité.

Pour la première fois, les grands industriels ne connaîtront aucune augmentation, le tarif L ayant été gelé pour l'année. Hydro-Québec visait dans ce cas-là une majoration de 1 %.

Pourquoi pas une baisse de tarifs de 1,2 %?

L'Union des consommateurs, réagissant à la décision de la Régie de l'énergie, a dit mardi que celle-ci aurait pu privilégier une baisse de tarifs de 1,2 %.

«Sur la base de la progression des coûts que doit assumer Hydro-Québec pour offrir le service à chacune des catégories de clientèle, les ménages québécois auraient dû voir leurs tarifs diminuer de 1,2 %, alors que les clients industriels auraient dû assumer une hausse de 6 %», a soutenu l'Union des consommateurs dans un communiqué.

Selon l'organisme (qui regroupe notamment les associations coopératives d'économie familiale), Hydro-Québec a préféré soutenir les industriels en maintenant leurs tarifs inchangés, plutôt que de diminuer les tarifs de la clientèle résidentielle.

«La hausse de 0,7 % des tarifs résidentiels à partir du 1er avril prochain fera bondir à 11 % les hausses cumulatives depuis 2013, soit le double de l'inflation sur la même période», a déploré l'Union des consommateurs.

Les ménages qui ont de la difficulté à payer leurs factures pourront cependant bénéficier d'une nouvelle décision de la Régie de l'énergie, qui ordonne à Hydro-Québec de calculer les frais d'administration sur les factures en retard à partir de la date d'échéance de la facture plutôt qu'à partir de la date de facturation, s'est réjouit l'Union des consommateurs.

Le tarif des industriels, un privilège?

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) aurait également souhaité que les PME bénéficient du gel de tarifs accordé à la clientèle industrielle.

«Sachant que, en raison de ce qu'on appelle l'interfinancement, les petites et moyennes entreprises paient entre 15 % et 30 % plus cher pour leur électricité que les autres groupes tarifaires en fonction du coût de livraison, la FCEI aurait souhaité que les PME puissent aussi profiter d'un gel de leur tarif», a indiqué l'organisation dans un communiqué.

Pour Luc Boulanger, directeur exécutif de l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité, les entreprises industrielles ne bénéficient pas d'un privilège. Dans sa demande de tarifs transmise à la Régie de l'énergie, Hydro-Québec avait prévu que les industriels soient exemptés d'une hausse.

La Régie, explique Luc Boulanger, a aussi tenu compte du fait que le secteur industriel québécois est confronté à une économie qui fonctionne au ralenti, à des fermetures d'usines, des délocalisations, etc., et que sa consommation d'électricité est à la baisse depuis 2008.

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