Carl Renaud
Agence QMI

Combien coûtent les CPE?

Combien coûtent les CPE?

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Carl Renaud

MONTRÉAL - Les dépenses liées aux centres de la petite enfance (CPE) ont explosé depuis la création des places subventionnées, il y a 17 ans. Le coût annuel du programme est passé de près de 300 millions $ en 1997-1998 à 2,6 milliards $ en 2014-2015, un bond de 767 %.

La hausse est principalement liée à la croissance du réseau. En 1997-1998, l'État subventionnait seulement 82 000 places à contribution réduite. Cette année, ce sont près de 225 000 enfants qui occupent l'une de ces places dans un CPE ou dans une garderie privée subventionnée.

«La première année, il y a seulement les enfants de quatre ans qui pouvaient avoir une place subventionnée. L'année suivante, on a ajouté ceux de trois ans et ensuite ceux de deux ans. Ce n'est qu'en 2000 que tous les groupes d'âge ont été couverts», a expliqué Nadia Caron, directrice des communications du ministère de la Famille.

Mme Caron a souligné que Québec a continué de créer des places à contribution réduite, par la suite, pour porter le réseau à près de 225 000. La bonification des conditions de travail des éducatrices, qui ont obtenu un rattrapage salarial, a aussi fait grimper la note.

En 1999, une éducatrice diplômée gagnait de 10,79 $ à 15,23 $ de l'heure. Cette année, les éducatrices touchent de 17,42 $ à 23,09 $. Un régime de retraite a aussi été créé au début des années 2000.

Des données du ministère de la Famille indiquent qu'environ 94 % du budget des CPE est consacré au fonctionnement des établissements : les salaires, les achats de nourriture et le matériel, notamment.

Le reste du budget est affecté au régime de retraite (environ 3,5 %), aux programmes assurance collective et congé de maternité (environ 1,7 %) et aux immobilisations, réfection de toiture et autres (environ 1,4 %).

Un programme rentable

Il y a deux ans, une étude de la Chaire de recherche en fiscalité et finances publiques a conclu que les services de garde à contribution réduite avaient un impact positif sur l'économie de la province, bien qu'ils coûtaient environ 2 milliards $.

L'étude pilotée par Luc Godbout, présentement à la tête de la Commission d'examen sur la fiscalité, soutenait qu'en 2008, 70 000 mères de plus avaient décidé de travailler. Leur présence sur le marché du travail avait permis d'hausser le PIB du Québec de 5 milliards $.

«Cela dit, ce n'est pas parce qu'un programme a un effet bénéfique qu'il est justifié de dépenser des milliards chaque année», a commenté Luc Savard, professeur d'économie à l'Université de Sherbrooke.

L'universitaire a souligné que la majorité des parents seront peu touchés par la modulation des tarifs et que les mieux nantis ne quitteront pas un travail bien rémunéré pour éviter de payer plus pendant quelques années.

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