Bientôt des contenants de 3 litres de lait?

Bientôt

Les consommateurs sont au rendez-vous parce que le contenant est plus facile à manipuler. Photo Agence QMI

Denise Proulx

Pendant qu'en Ontario les producteurs laitiers s'opposent farouchement à l'arrivée d'un contenant en plastique de trois litres de lait, les Québécois pourraient bien lui réserver un accueil plus chaleureux. Mais, ce ne sera pas demain la veille qu'on en trouvera dans les supermarchés.

C'est ce que croit Gilles Turgeon, le directeur général de la Laiterie des Trois-Vallées, de Mont-Laurier, dont l'entreprise commercialise déjà une jarre en plastique de 4 litres de lait.

«Je ne suis pas contre l'idée. Cela augmenterait le choix pour les clients qui, visiblement, préfèrent la bouteille en plastique. Chez nous, la jarre de quatre litres est plus chère de 10 à 15% que les sacs de lait offerts par les marques détenues par Agropur, Parmalat et Saputo. Mais les consommateurs sont au rendez-vous parce que le contenant est plus facile à manipuler», explique le dirigeant de la laiterie qui vend ses produits uniquement dans les Laurentides et en Outaouais.

Le prix du format de quatre litres de lait à 3,25% en sacs se détaille entre 6,42$ et 8,28$ selon la région où il est acheminé.

Une réglementation complexe

Avant que le contenant de trois litres fasse son entrée sur les tablettes, il faudra une série de révision de la réglementation sous contrôle gouvernemental, ce qui ralentira le processus de sa mise en marché.

Actuellement, la vente et les prix du lait en contenants de 500 ml, un litre et en sacs de quatre litres sont régis par la Régie des marchés agricoles du Québec. Par contre, le lait vendu dans des jarres en plastique y échappe.

«Si j'ajoutais un format de jarre de trois litres pour élargir ma clientèle, ça me prendrait une série de déréglementation et de dérogation. Et je ne suis pas certain que la Fédération des producteurs de lait laisserait passer ça sans étudier les impacts sur les grands transformateurs laitiers. Elle se préoccupe plus d'eux que de nous», ajoute Gilles Turgeon.

«Nous, on vend aux transformateurs. Si on ajoute un nouveau format, il faudrait une analyse. Et je peux comprendre que les entreprises n'ont pas intérêt à ce que les ventes de lait diminuent», confirme François Dumontier, de la Fédération des producteurs de lait du Québec.
Quant à l'organisme national, Les Producteurs de lait du Canada, il ne veut pas non plus se mouiller.

«Nous ne prenons pas position dans ce dossier. Au niveau national, la grosseur des contenants n'est pas uniforme. C'est évident qu'il y a des enjeux, notamment au niveau des recettes», déclare Thérèse Beaulieu, la responsable des communications.

Enfin, chez Agropur, la question est suivie avec intérêt, mais la retenue est de mise.

«Nous ne prendrons pas position et nous ne commenterons pas tant que le dossier sera devant les tribunaux canadiens», a déclaré son porte-parole Marc Labelle.


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