Fabien Major

Fabien Major

Fabien Major est un professionnel de la finance inscrit à l'AMF. Il est détenteur d'une Maitrise en administration des affaires. Il blogue et rédige des chroniques sur la finance personnelle depuis 2006.
Agence QMI

Le champion de la bourse a gagné 19 660 % en 2016

Le champion de la bourse a gagné 19 660 % en 2016

La Lavalloise Mason Graphite figure parmi les entreprises ayant réalisé des gains appréciables en 2016, alors que son action a affiché une hausse de 286 %.Capture d'écran du site de Mason Graphite

Finalement, 2016 fut assez payante pour les détenteurs d'actions. Les indices ont tous terminé l'année dans le positif avec des gains tout de même substantiels, mais ces profits se sont faits aux dépens de risques accrus.

Voici le tableau de pointage final en dollars canadiens:

  • FTSE TMX Obligations universelles: +1,66 %
  • CAC40 France: + 2,1 %
  • MSCI actions mondiales: + 3,8 %
  • NASDAQ: + 5,1 % 
  • S&P 500: + 8,1 %
  • Dow Jones: + 12,5 %
  • S&P/TSX: + 17,5 %

Au Canada, le titre champion fut Miza Entreprises, une microcompagnie de Vancouver, en Colombie-Britannique, sans activité ni revenu. Son action a connu une poussée spéculative de 19 660 %. Si vous y aviez investi 10 000 $, votre compte vaut aujourd'hui 1 966 000 $.

En général, tout ce qui touchait les ressources, l'énergie et les mines a très bien fait au Canada.

Soulignons le gain fabuleux de ICC Internationale Cannabis, qui a gagné 2661 %.

Aussi Mason Graphite de Laval a crû de 286 %. Son graphite extrait de la mine de Lac Guéret est réputé parmi les plus pures au monde. Il est donc parfait pour la fabrication des piles Li-ion et du très prometteur «graphène».

Parmi les grandes entreprises du TSX, TECK Resources a bondi de 436 %.

Soulignons que l'action d'Air Canada a connu le meilleur rendement boursier parmi toutes les compagnies aériennes nord-américaines. Son gain totalise 34 % comparativement à 10,4 % pour la moyenne du secteur.

Aux États-Unis, Xcorporeal a explosé de 13 870 %. Cette société californienne propose de commercialiser des organes de remplacement à commencer par des reins portatifs.

Parmi les autres titres ayant eu une solide performance, Magellan Petroleum a gagné 1944 %, AK Steel Holding a grimpé de 348 %, Skyline a monté de 322 %.

Dans les grandes corporations faisant partie de l'Indice élargi S&P 500, notons la performance soutenue de NVIDIA. L'action de cette société de cartes graphiques destinées à l'industrie du jeu vidéo et de l'automobile a gagné 220 %. Le groupe gazier Oneok a dégagé 133 % et la minière Freeport-McMoran a récolté 114 %.

2016 fut l'année de tous les dangers

Autant il était impossible de prévoir le résultat final au début de 2016, il est encore hasardeux de tenter de deviner de quoi aura l'air 2017.

En janvier de l'an passé, le prix du baril de pétrole a chuté sous les 30 $. Rien ne laissait présager que l'or noir allait gagner plus de 50 % au cours des mois suivants. Évidemment cette croissance a aidé la devise canadienne et surtout nos compagnies pétrolières.

Au Canada, on a donc profité de l'effet du resserrement de la production de pétrole. On constate que ce n'est pas une véritable croissance des bénéfices et de l'activité économique qui a favorisé la bourse canadienne. Le risque en valait-il le coup? Il est trop tôt pour conclure ou pour célébrer quoi que ce soit.

En 2016, l'air était pesant. Les investisseurs ressentaient une tension omniprésente et les rumeurs de corrections boursières, voire de krach, ont alimenté de nombreux forums tout au long de l'année.

La surprise Trump

Les attentats terroristes et le référendum anglais en faveur du Brexit ont encore une fois causé bien des maux de tête et des sueurs froides aux actionnaires, mais le fait le plus marquant de l'année fut ans doute l'élection-surprise de Donald Trump.

Les places boursières sont des amplificateurs de l'humeur générale. Dans les jours précédents, les indices montaient au fur et à mesure que les sondages penchaient pour l'élection de Hilary Clinton. Le consensus favorisant les démocrates, on a tous cru (et moi le premier) que l'élection de Trump allait précipiter le Dow Jones dans la cave. Ce ne fut pas le cas.

La victoire décisive et massive du camp républicain a convaincu les investisseurs institutionnels qu'on devra faire avec. On a identifié les secteurs qui seront favorisés par l'administration Trump et le rallye a débuté.

Du 9 novembre dernier à aujourd'hui, les titres des pétrolières et des ressources, des fabricants de matériels militaires, des banques, des pharmaceutiques ont été pris d'assaut. Et maintenant le Dow flirte avec les 20 000 points. Il paraît immunisé contre les commentaires saugrenus et déclarations intimidantes du «tweeteur en chef» américain.

En temps normal, les commentaires d'un président appelant une course à l'armement nucléaire, saluant la grandeur d'un dictateur ou menaçant une communauté ethnique auraient fait tanguer la bourse, mais pas cette fois. On dirait que Wall Street ne prend pas au sérieux «The Donald».

Soyez sur vos gardes

Tous ces beaux rendements boursiers sont appréciés, mais extrêmement fragiles. De l'avis de plusieurs analystes, ils sont basés sur la «foi» et sur rien de bien tangible.

En bref, on achète l'espoir que la rentabilité de certaines compagnies s'améliore, mais le fondamental n'y est bas. Est-ce que tout ça n'est qu'un château de cartes? Peut-être bien. On ne peut pas parler d'aubaines en se référant aux actions américaines. Quant aux actions canadiennes, elles sont chères ou TRÈS chères, selon Scott Barlow de Bloomberg.

C'est dans ces moments-là qu'il faut garder la tête froide. Empocher ses profits et jouer de prudence.

Toutes les chroniques de notre spécialiste financier Fabien Major se retrouvent ICI.



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