Fabien Major

Fabien Major

Fabien Major est un professionnel de la finance inscrit à l'AMF. Il est détenteur d'une Maitrise en administration des affaires. Il blogue et rédige des chroniques sur la finance personnelle depuis 2006.
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CPG Boursier: refusez l'offre du banquier!

CPG Boursier: refusez l'offre du banquier!

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La saison des REER et des CELI est à nos portes. Cette année encore, les institutions vont nous bombarder d'offres mirobolantes au graphisme criant. Les plus petits chiffres vont vous paraître plus gros, les bonis temporaires vont vous sembler éternels... mais résistez. Ne tombez pas dans le panneau.

Les lecteurs de cette chronique savent que j'ai en grippe les «certificats d'appauvrissement garantis» (CPG). Ces bébelles d'une autre époque ne vous rendent jamais service. Ils sont conçus pour favoriser la profitabilité des institutions. Surtout quand les taux offerts sont équivalents ou inférieurs à l'inflation.

Pourquoi les CPG sont-ils encore populaires?

Ce sont des produits de dépôts. En recueillant ainsi votre argent durement gagné contre un petit pourcentage, la banque peut se servir de votre argent comme levier et prêter 10 fois le montant. En exigeant, bien sûr de juteux taux d'intérêt. Nous le savons tous, elle va prêter à deux fois, trois fois quand ce n'est pas 10 fois, le taux qu'on vous offre. Alors, si vous me suivez... supposons que pour votre CELI de 10 000 $, la banque vous offre un CPG d'un an à 1%. Dans 12 mois, elle vous remettra votre capital plus 100 $. Capiche?

Un bénéfice brut de 3500 %!

Mais voilà, en recueillant votre dépôt la loi des banques canadiennes autorise votre institution à créer 100 000 $ d'argent neuf sous forme de prêts. Si elle le prête à 3,6 % pour une hypothèque d'un an fermé, elle réussira à engendrer 3600 $ de revenus avec votre dépôt, mais ne vous paiera que 100 $ en intérêt. Sa marge de bénéfice brut sera alors de 3500 %. Pas mal n'est-ce pas?

Imaginez maintenant le ratio de profitabilité si votre argent servait plutôt de levier pour des prêts-auto à du 8 % ou mieux à du 19,9 % sur des cartes de crédit. Si les CPG sont encore populaires, c'est simplement parce que les caissiers sont formés pour nous en vendre le plus possible, parce que c'est très payant. POINT. Mais il y a mieux encore...

L'offre gagnant-perdant des CPG boursiers

Les CPG Boursiers seront encore très présents cette année sur les panneaux publicitaires des banques et des caisses.

On va jouer sur la peur, sur les risques des marchés, sur les montagnes russes du Dow Jones et sur votre difficulté à économiser. Bref, on va tenter de toucher la «fibre émotive liée à la sécurité financière» pour diriger votre choix de produit vers le CPG lié aux marchés. Bien qu'ils aient des noms différents comme Optimarchés, IntelliMarché, Placements garantis liés au marché (PGLM) etc., ils représentent tous la même patente à gosse que vous devez REFUSER. Pas touche!

Il y a cinq bonnes raisons de refuser les CPG boursiers en toutes circonstances:

1- Les risques réels sont exagérés. En cinq ans ou dix ans, les risques de ne pas faire des gains sont quasi nuls.

2- Si l'indice de référence de votre CPG fracasse des records (genre 100 % de rendement), vos gains sont toujours limités. Le plafond ordinaire est de 35 % des gains. Exceptionnellement, il peut atteindre 60 %. Et ce n'est pas plus intéressant.

3- Dans le calcul des rendements qu'on vous doit, l'institution exclut toujours les dividendes produits par les actions qui composent l'indice ou le panier de titres. Sans le dividende, on perd un élément de valeur fondamentale qui fait toute la différence à long terme.

4- Oubliez également les gains provenant de la conversion des monnaies. Ainsi, en 2015, lorsque notre dollar a plongé de 16 %, les placements américains ont été bien plus payants avec l'échange des devises. Mais, les CPG exposés aux marchés étrangers n'en tiendront jamais compte. Pouf! Disparu!

5- Enfin, ne touchez pas aux CPG Boursiers parce qu'il est très facile de trouver mieux. Même les très coûteux fonds distincts des compagnies d'assurance représentent une meilleure option puisqu'ils ne plafonnent pas le rendement. Les fonds communs et les FNB équilibrés, prudents, obligataires, à dividendes, etc. offrent un rapport qualité-prix bien supérieur.

Des actions des banques à la place!

Enfin, si c'est la sécurité des banques qui vous émerveille et qui calme vos angoisses, achetez donc des actions de votre banque préférée à la place. Même si la valeur de l'action ne bronche pas durant 12 mois, le dividende versé est en ce moment est supérieur à 3 %.

Si la banque est assez sécuritaire pour recevoir vos dépôts, pourquoi serait-elle moins sécuritaire pour ses actionnaires?



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