Fabien Major

Fabien Major

Fabien Major est un professionnel de la finance inscrit à l'AMF. Il est détenteur d'une Maitrise en administration des affaires. Il blogue et rédige des chroniques sur la finance personnelle depuis 2006.
Canoë

Les banques pourront abuser en toute tranquillité

Les banques pourront abuser en toute tranquillité

Photo Archives / AFP

Ce qui frappe avec la dernière poussée de croissance des indices boursiers américains, c'est la rapidité avec laquelle elle s'est installée. Au cas où vous ne le saviez pas, le Dow Jones, le Nasdaq et le S&P 500 ont tous franchi la semaine dernière leurs records historiques.

Non seulement on a cru à tort que les actions en bourse allaient souffrir de l'élection de Donald Trump aux États-Unis, mais en plus, nous n'avions pas vu venir la baisse généralisée de valeurs refuges, soit l'once d'or et les obligations d'État.

Connaissant trop bien les lubies et les obsessions des républicains, les investisseurs et les spéculateurs ont immédiatement pris d'assaut les cinq secteurs qui profiteront le plus des politiques accommodantes de la droite américaine.

Sans surprise, les pétrolières, gazières, sociétés de forage et de pipeline applaudissent la fin des politiques pro-environnement.

Les groupes pharmaceutiques souffraient depuis des mois des intentions avouées d'Hillary Clinton de resserrer l'encadrement de l'établissement des prix des médicaments. Comme Trump est plutôt partisan du laisser-faire, la fête a repris de plus belle dans les entreprises liées aux sciences de la santé.

Pour mener à bien ses ambitions de rebâtir l'Amérique, Trump veut réinjecter des dizaines de milliards dans les infrastructures du pays. Des firmes comme Emcor, Jacobs Engineering, Granite construction et U.S. Steel ont vu les prix de leurs actions se gonfler à la vitesse du TGV. Mais c'est Caterpillar, le leader des machineries lourdes, qui a remporté la palme. Son titre a cru de 35 % en 2016.

Les républicains ont aussi le champ libre pour multiplier les investissements dans l'armement et les technologies militaires de pointes. General Dynamic, Heico corp, Lockheed Martin et Curtiss-Wright, etc., en profiteront, bien évidemment.

Enfin, Trump cause une surprise de taille à propos de Wall Street. Bien qu'il a à maintes reprises dénoncé la proximité des démocrates avec la haute finance, voilà qu'il se fait ultra-accommodant avec les banquiers d'affaires. L'administration Obama a mis huit ans pour préparer le déploiement d'un devoir de fiduciaire, soit l'obligation de «favoriser les intérêts supérieurs» des investisseurs par les firmes de courtage et de gestion de patrimoine. Cette révolution financière devait entrer en fonction le 16 avril 2017.

Trump a laissé entendre que cette règle qui permettrait aux épargnants américains de sauver 16 milliards $ par année ne verra pas le jour. Résultat, c'est l'euphorie chez les détenteurs d'actions de Wells Fargo, JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Citigroup et surtout Bank of America, dont la valeur de la part a gagné 23 % depuis le 9 novembre.

Favoriser les intérêts supérieurs de la banque, est-ce bien ce qui va rendre sa grandeur à l'Amérique?



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