Fabien Major

Fabien Major

Fabien Major est un professionnel de la finance inscrit à l'AMF. Il est détenteur d'une Maitrise en administration des affaires. Il blogue et rédige des chroniques sur la finance personnelle depuis 2006.
Fabien Major
Canoë

Bulle immobilière et pensée magique

Bulle immobilière et pensée magique

Les revenus moyens des Canadiens ne peuvent soutenir la croissance des prix. Photo Agence QMI

Fabien Major

Notre article sur les nombreux avertissements de l'imminence de l'éclatement de la bulle immobilière au Canada a fait réagir fortement. Il y a eu des milliers de partages sur Facebook et Twitter. Comme je m'y attendais, même en prenant soin de ne pas émettre mon opinion personnelle, plusieurs courtiers immobiliers ont choisi de tirer sur l'auteur de ces lignes plutôt que sur les messagers.

Malheureusement, je n'ai pas le pouvoir d'inventer des chiffres et de me faire le porte-parole du FMI et de l'OCDE.

J'en ai lu de toutes sortes. Parmi les plus cocasses, un certain Luc Bédard de Re/Max Direct en Outaouais affirme que: « ...Ces 'messagers' (dont l'auteur de l'article) de l'apocalypse sont surtout des vendeurs de produits de placement financier, REER, fonds mutuels etc». Monsieur Bédard, devrait s'informer un peu plus sur les organisations et individus cités dans l'article, car AUCUN n'en tire profit. Quant à moi, aucune de mes chroniques ne vise directement ou indirectement la vente de produit et services financiers. Prétendre le contraire est malhonnête intellectuellement. Orientant ma pratique à honoraires, que l'immobilier monte ou descende je n'en tire aucun bénéfice.

Les «messagers» comme l'OCDE et The Economist font état de CRAINTES basées sur des faits reconnus. Selon des ratios internationalement acceptés, le prix moyen des maisons est jugé trop élevé pratiquement partout au Canada, la province de Québec incluse. Oui, et même hors de Montréal. Pourquoi? Parce que le prix des propriétés a grimpé plus vite que les salaires moyens. Aussi simple que cela.

Les prix ont grimpé davantage que les salaires

Prenons le cas de la municipalité de Boischatel dans la région de la Capitale-Nationale. La plus forte poussée de valeur s'est produite entre 2001 et 2011. Durant cette période, les prix des maisons unifamiliales ont grimpé de 221 %, selon la FCIQ/Centris. Pensez-vous que les salaires des résidents ont suivi la même tendance? Absolument pas!

Pour la même période, les salariés québécois ont vu passer leur taux horaire moyen de 16,63$ à 21,13$. Une augmentation de 27. L'écart moyen entre les augmentations de salaire et les prix des maisons est supérieur à 150 %: ce que souligne Robert Shiller, Paul Krugman, Fitch, Goldman Sachs et la Deutsche Bank.

Les revenus moyens des Canadiens sont INSUFFISANTS pour soutenir la croissance des prix.

Comme les dettes à la consommation explosent et qu'on perd des emplois, l'immobilier résidentiel est assis sur un baril de poudre. Le 7 août, la Chambre immobilière du Grand Montréal a rendu compte de chiffres éloquents. Il y a 31 539 propriétés résidentielles à vendre. Un sommet jamais atteint depuis 1997. En juillet, le nombre d'inscriptions a augmenté de 10 %. C'est le 47e mois de suite que cela se produit. C'est plus qu'une tendance, ça.

Ceux qui refusent la logique implacable des mathématiques aimeraient bien que le «party» ne se termine jamais. Mais, il faut se faire une raison. Il y a trop de lumières rouges allumées et le DJ a rangé ses tables tournantes. La fête est terminée.



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos