Carl Renaud
Agence QMI

Transat compte sur les Américains pour sa croissance

Transat compte sur les Américains pour sa croissance

L'entreprise veut acquérir des activités de distribution comme des tours opérateurs et non des sociétés aériennes. Photo Archives / Agence QMI

Carl Renaud

MONTRÉAL - Transat A.T. veut prendre de l'expansion aux États-Unis pour vendre ses forfaits aux Américains, qui apprécient les plages du Sud. Le voyagiste québécois soutient qu'il pourra négocier de meilleurs prix auprès des hôteliers en leur procurant des clients tout au long de l'année.

«Le marché canadien est un marché d'hiver. Nous sommes remplis l'hiver, mais pas l'été. Au Texas, croyez-le ou non, il y a plein d'Américains qui vont à Cancun», a déclaré Jean-Marc Eustache, président et chef de la direction de Transat A.T., en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires jeudi à Montréal.

Le dirigeant a précisé que l'entreprise veut acquérir des activités de distribution, comme des tours opérateurs, et non des sociétés aériennes. La stratégie est d'accroître le pouvoir de négociation de Transat auprès des hôteliers pour améliorer la rentabilité.

La révolution touristique à Cuba

L'entreprise québécoise possède ou administre aussi des hôtels au Mexique et à Cuba, entre autres. L'amélioration des relations entre La Havane et Washington n'inquiète pas l'entreprise, même si des touristes américains occuperont éventuellement des chambres dans l'île.

«Les Cubains sont très respectueux des Canadiens, car ils ont toujours été là. Nous, comme gestionnaire d'hôtels, on n'a aucun problème à recevoir des Canadiens ou des Américains», a indiqué Jean-Marc Eustache.

Le dollar canadien fait mal

Transat A.T. a réduit légèrement sa perte au premier trimestre, mais il est clair que l'entreprise s'attendait à de bien meilleurs résultats.

«Notre organisation est nettement plus performante qu'elle ne l'était, mais les effets de nos initiatives sont masqués par la chute du dollar canadien», a souligné jeudi M. Eustache, en dévoilant les résultats du premier trimestre.

En plus de la faiblesse du huard, les résultats du voyagiste ont subi l'effet du virus Zika qui sévit en Amérique du Sud, une menace de grève des pilotes (maintenant écartée), un ralentissement de l'économie et un hiver plutôt clément.

«Tous ces facteurs rendent l'hiver actuel exigeant», a soutenu M. Eustache, en dépit d'une augmentation globale du nombre de voyageurs de 8,7 %.

La perte nette attribuable aux actionnaires pour le trimestre terminé à la fin de janvier s'est donc élevée à 61,2 millions $ ou 1,64 $ par action, par rapport à 64,3 millions $ ou 1,66 $ par action au trimestre correspondant l'an dernier.

Sur une base ajustée, la perte ressort à 37,3 millions $ ou 1 $ par action comparativement à 32,4 millions $ ou 0,84 $ par action en 2015.

70 $ de plus par forfait

La chute du huard a fait grimper de 24 millions $ les coûts liés aux forfaits des destinations du Sud, dont les deux tiers ont été absorbés par les consommateurs. Le prix des forfaits a été haussé de 70 $ cet hiver, a indiqué Transat.

Les revenus ont augmenté de 7 % pour atteindre 846,9 millions $ grâce à un nombre accru de clients ainsi que des prix de vente en hausse pour les forfaits de destinations soleil. Les filiales nord-américaines ont fait croître leurs revenus de 42,4 millions $ et les filiales européennes, de 15,9 millions $.

Transat A.T. ne s'attend pas à ce que la situation s'améliore au deuxième trimestre, alors que «les résultats pourraient être inférieurs à ceux du trimestre correspondant de l'hiver dernier», avertit la société. Le voyagiste prévoit une hausse des charges opérationnelles de 5,1 % si le dollar canadien et le coût du carburant demeurent stables.

L'action de Transat A.T. a reculait de 0,11 $ ou 1,37 % jeudi vers 15 h, à 7,92 $.

Des filiales à la Barbade

En conférence de presse, après l'assemblée annuelle, la direction a été interrogée sur l'existence de filiales situées à la Barbade.

Le chef de la direction financière, Denis Pétrin, a indiqué que Transat possède de telles filiales parce qu'elle a des activités sur la scène internationale.

«Avec cette structure, nous optimisons notre facture fiscale globale. Mais pas la portion canadienne de notre facture fiscale», a expliqué le dirigeant, précisant que Transat est présente à la Barbade depuis une dizaine d'années. 

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