Martine Turenne
Agence QMI

Éloize se sépare du Cirque du Soleil

Éloize se sépare du Cirque du Soleil

Un extrait du spectacle Cirkopolis du Cirque Éloize. Photo Archives / Agence QMI

Martine Turenne

MONTRÉAL - Faute de projets de développement, le Cirque Éloize a racheté sa participation de 50 % détenue par le Cirque du Soleil depuis cinq ans.

«On est redevenu indépendant. Il n'y avait plus de projets au Cirque du Soleil pour nous», a confirmé Maxime Charbonneau, directeur du développement des affaires et des communications au Cirque Éloize.

Depuis le rachat par des investisseurs internationaux, notamment chinois, du Cirque du Soleil, le Cirque Éloize n'était qu'une organisation parmi d'autres dans le portfolio du géant du divertissement.

«Le Cirque Éloize a bien vu qu'il avait de moins en moins d'attention de la part du Cirque du Soleil, et que l'intérêt n'était plus là», a déclaré Renaud Legoux, professeur agrégé en marketing à HEC Montréal.

Avant son rachat, le Cirque du Soleil a cherché des manières de générer des revenus autrement qu'avec leurs propres spectacles.

«Les dirigeants du Cirque y reviennent aujourd'hui, a dit M. Legoux. Ils se focalisent à nouveau là où ils ont un avantage concurrentiel. Ils ont senti qu'ils s'éparpillaient.»

«C'est une séparation qui arrive au bon moment», a poursuivi le professeur.

La greffe n'a pas pris

En s'associant avec le Cirque Éloize, Renaud Legoux croit que le Cirque du Soleil cherchait de nouvelles façons d'innover et des créations plus frugales.

«Il souhaitait produire des spectacles moins couteux. Mais peut-être que la greffe n'a pas pris, que les deux cultures n'étaient pas si compatibles», a-t-il soutenu.

Le Cirque du Soleil était très occupé ailleurs, a poursuivi Renaud Legoux.

«Dans ce genre de partenariat, il faut se donner du temps. Mais quand ça ne fonctionne pas, c'est la bonne chose à faire, a-t-il indiqué. C'est une décision empreinte de maturité. Les deux côtés ont été transparents. Ça s'est fait de manière élégante.»

Le Cirque Eloize a conservé toute sa créativité et sa capacité d'innovation, croit le professeur de HEC: «Il ne s'est pas épuisé dans l'exercice.»

Que du positif

Le bilan de la collaboration avec le Cirque du Soleil n'est que positif, a affirmé de son côté Maxime Charbonneau.

«Notre association avec le Cirque du Soleil nous a apporté un accès privilégié aux capitaux, aux emprunts, ainsi que des contacts et l'accès à des promoteurs. Nous n'aurions jamais pu faire notre tournée en Russie sans le Cirque du Soleil», a-t-il souligné.

Le Cirque Éloize a organisé une tournée de 98 représentations en Russie, la plus importante réalisée par une compagnie occidentale.

Le Cirque du Soleil a aussi permis à Éloize, qui compte une trentaine d'employés permanents, de même qu'une soixantaine en tournée, d'adopter les meilleures pratiques de gestion.

«On a appris à mieux se structurer, à mieux se gérer, grâce au support de cette grande entreprise», a indiqué Maxime Charbonneau.

Le Cirque Éloize va continuer sa progression et son développement, a-t-il assuré.
Comme toute la communauté artistique, Maxime Charbonneau a été déçu de la vente du Cirque du Soleil. Il y a lui-même travaillé durant six ans.

«Cela a été une onde de choc. C'est dommage qu'un fleuron soit passé à des investisseurs étrangers. Mais le génie créatif québécois sera toujours à l'œuvre», a-t-il soutenu. 

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