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Ex-travailleurs d'Aveos: le maire de Montréal prône un compromis

MONTRÉAL - Le maire de Montréal, Denis Coderre, qui avait pris position en faveur des travailleurs d'Aveos en 2012 lorsqu'il était député fédéral, propose maintenant un compromis dans ce dossier: obtenir la garantie écrite que le centre d'entretien pour les appareils CSeries promis par Air Canada verra bel et bien le jour dans la métropole. 

«Au même titre que je salue et que je trouve essentiel et important cet investissement de 2 à 4 milliards $ pour le carnet de commandes des CSeries pour Bombardier, je veux aussi m'assurer qu'on puisse conserver cet investissement en termes d'innovation, a-t-il déclaré lundi. Et ça, ça va passer par le centre d'excellence.»

Denis Coderre a aussi souligné qu'il a été très heureux d'apprendre, l'automne dernier, que Québec allait investir plus d'un milliard $ dans l'avionneur québécois.

Plusieurs anciens employés d'Aveos avaient l'intention d'interpeller le maire, lundi soir, au conseil municipal de Montréal. Ils estiment qu'ils ont été sacrifiés dans l'entente entre Air Canada et Bombardier pour l'acquisition de 75 appareils de la CSeries, annoncée la semaine dernière.

Prenant acte de la décision d'Air Canada d'acheter ces appareils CS300 de Bombardier, Québec a décidé la semaine dernière d'abandonner sa poursuite judiciaire contre le transporteur dans le dossier d'Aveos. En contrepartie, Air Canada mettra en place un «centre d'excellence» pour les appareils de la CSeries.

1800 employés à la rue

Cette poursuite judiciaire remonte à 2012, lorsque le centre de maintenance des avions d'Air Canada à Montréal, Aveos, a fermé ses portes. Environ 1800 employés avaient perdu leur emploi.

Le gouvernement du Québec ainsi que celui du Manitoba avaient alors décidé de poursuivre Air Canada en plaidant que le transporteur ne respectait pas sa loi constitutive, qui lui impose le maintien de centres de révision de ses appareils à Montréal, Mississauga et Winnipeg.

En 2012, les travailleurs d'Aveos jetés à la rue se sont notamment tournés vers le député fédéral Denis Coderre pour obtenir son appui. Aujourd'hui, ces mêmes ex-travailleurs cherchent à obtenir de nouveau son aide.

L'opposition à la défense d'Aveos

À Québec et à Ottawa, les partis d'opposition ont pris la défense des anciens employés d'Aveos lundi.

Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, a réclamé que la poursuite judiciaire contre Air Canada suive son cours.

«Je demande à M. Couillard de revoir sa décision, de maintenir la poursuite contre Air Canada tant qu'on n'aura pas de garantie que les 1800 emplois qu'Air Canada s'est engagée à maintenir (...) sera respectée, a-t-il dit lors d'un point de presse. Je ne vois pas pourquoi on ferait un cadeau à Air Canada.»

À la Chambre des communes, le premier ministre Justin Trudeau a aussi été pris à partie par l'opposition qui l'accuse d'avoir, lui aussi, sacrifié les travailleurs d'Aveos.

Durant la période de questions, le chef du NPD, Thomas Mulcair, a tenté de démontrer le changement d'attitude du premier ministre dans ce dossier.

«Alors que le premier ministre était dans l'opposition en 2012, il était à leurs côtés armé d'un mégaphone et scandait "So, so, so, solidarité". Or, maintenant qu'il est au pouvoir, il veut enlever les droits de ces mêmes travailleurs face à Air Canada. Qu'est-ce qui a changé pour le premier ministre» a demandé M. Mulcair lors de la période de questions.

Justin Trudeau a répondu qu'il était «très fier» de l'accord entre Bombardier et Air Canada.
«C'est une bonne nouvelle pour les travailleurs de cette industrie, et nous continuons d'encourager l'investissement dans l'aéronautique ici, au Canada et au Québec», a ajouté le premier ministre.

Le chef intérimaire du Bloc Québécois, Rhéal Fortin, a quant à lui exhorté le gouvernement Trudeau de faire respecter la loi.

«La meilleure garantie pour l'entretien actuel et futur des avions au Canada se retrouve dans la loi actuelle sur Air Canada. Or, les dispositions de cette loi ont été bafouées, et à ce jour, le gouvernement n'est jamais intervenu», a pesté M. Fortin.

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