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René Angélil: le bâtisseur d'un empire artistique

MONTRÉAL - Le flair et le doigté de René Angélil étaient reconnus de tous ses pairs. Et le disparu a même attiré l'attention de la très réputée école de gestion HEC Montréal, qui a réalisé une étude sur son travail de gestionnaire.

Dans leur dossier, les auteurs Jacqueline Cardinal et Laurent Lapierre font remarquer que le super imprésario a réalisé un travail colossal «de planification, de négociation et de gestion» pour élever la carrière de Céline Dion au sommet.

Mais pour accéder à ce plateau, René Angélil a dû apprendre de certaines erreurs commises auparavant, notamment en 1974, quand lui et son associé Guy Cloutier ont exigé 1 million $ à CBS pour les droits des chansons de René Simard aux États-Unis et qu'ils se sont butés à un refus, surestimant la hauteur de leur demande pour le marché de l'époque.

Quelques années plus tard, alors qu'il tient alors seul les rênes de sa boîte de production, l'homme d'affaires détecte le talent qui va changer sa vie.

Dans l'étude de HEC, on peut lire que «de la première apparition de Céline Dion, à l'âge de 13 ans, à une émission de télévision, jusqu'à sa prestation au Stade olympique, lors de la visite du pape Jean-Paul II, René Angélil a établi en trois ans une stratégie de vainqueur. Il saisira sans hésiter, avec un jugement sûr, les meilleures occasions de mettre en valeur sa chanteuse sans lésiner sur les moyens.»

Dès le départ, M. Angélil a pris des risques, hypothéquant sa maison pour lancer en grandes pompes les deux premiers disques de Céline Dion au Québec. Mais les auteurs notent qu'il a surtout fait attention de ne pas répéter ses erreurs passées. «Il veut surtout «éviter les erreurs qu'il avait autrefois commises comme chanteur québécois bloqué aux portes du marché américain et comme agent frustré de René Simard et de Ginette Reno».

Par la suite, il a fait preuve de beaucoup de doigté pour relever les défis et négocier tous les passages délicats de la carrière de la chanteuse de Charlemagne, comme la faire passer de statut de chanteuse-enfant à celui de jeune femme, et faire exploser sa notoriété aussi bien au Québec qu'en France.

Mais le grand coup, l'objectif ultime, se réalise quand le marché américain s'ouvre grâce à l'album Unison en 1990.

C'est avec le géant Sony que l'imprésario va s'entendre pour les enregistrements aux États-Unis, un coup fumant selon les auteurs : «Cette introduction réussie dans le monde hollywoodien est, à elle seule, un exploit de négociations et de gestion dont on devine la complexité».

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