Lise Millette
Agence QMI

Haute voltige à la direction du Cirque du Soleil

<i>Toruk, - Le premier envol</i>: plongée dans l'univers d'<i>Avatar</i>

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Lise Millette

MONTRÉAL - Confirmant deux départs à la haute direction du Cirque du Soleil, le président et chef de la direction Daniel Lamarre, a aussi annoncé à l'Agence QMI l'entrée en poste, dès le 18 janvier, de Jonathan Tétrault comme nouveau chef de l'exploitation.

Jusque-là associé directeur au cabinet McKinsey à Montréal auprès de grands investisseurs, M. Tétrault entrera en piste au Cirque du Soleil emportant avec lui une expertise en investissements institutionnels et placements privés, ainsi qu'une connaissance pointue des marchés internationaux.

«Pour moi, il est important d'avoir quelqu'un qui fait du développement international. Et c'est un Québécois», a insisté Daniel Lamarre.

«À ceux qui s'inquiétaient, je peux leur dire que le pouvoir de décision est plus grand que jamais à Montréal», a soutenu M. Lamarre, précisant avoir réussi à «protéger l'autonomie du cirque» tout en se dotant de «deux engins de développement, à Silicon Valley et en territoire chinois», avec les géants TPG et Fosun.

C'est que les rumeurs d'une délocalisation des activités du Cirque se font persistantes depuis la transaction qui a fait passer le contrôle de l'entreprise au fonds privé américain TPG Capital.

«Il faut faire confiance au Cirque et souhaiter que la santé du cirque corresponde aussi à la santé économique de nos travailleurs et de nos artisans, ici, au Québec. Cela dit, il serait irresponsable de ne pas se gratter la tête et de dire soyez prudents», a commenté le député du NPD Pierre Nantel, ancien directeur artistique au Cirque du Soleil.

Mais le président limite les changements à de simples «ajustements administratifs».

«J'entends bien les commentaires des gens, mais entre les inquiétudes et la réalité du Cirque du Soleil il y a un écart important», a assuré le président Daniel Lamarre, soutenant que les activités de l'entreprise sont toujours centralisées à Montréal.

N'empêche, pour le porte-parole néodémocrate en matière de culture et patrimoine, un certain contrat social doit être préservé.

«C'est important que les patrons, qui ont pour mandat de diriger ce bateau-là, soient conscients de l'œil du public et de l'œil des contribuables québécois qui ont coté financièrement dans l'entreprise», a mentionné M. Nantel, en entrevue avec l'Agence QMI.

Précisons que la propriété du Cirque du Soleil est aussi entre les mains du conglomérat chinois Fosun et dans une moindre mesure de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui agissent tous les deux comme actionnaires minoritaires.

Réorganisation importante

Le président du Cirque reconnaît que les départs de Charles Décarie, qui agissait comme chef de la programmation, et d'Éric Marceau, au poste de directeur financier, ne sont pas sans effet.

«Il y a eu des ajustements administratifs et, oui, des personnes ont démissionné. Mais le Cirque revient en mode croissance. C'est le mandat que j'ai reçu des nouveaux propriétaires», a précisé Daniel Lamarre.

L'attrait international demeure néanmoins dans la ligne de mire. Le 25 mai, le Cirque lancera son premier spectacle sur Broadway, à New York. Le marché chinois sera la prochaine cible, et avec un bureau à Shanghaï, et l'arrivée de Fosun dans le giron de l'entreprise, la haute direction espère réaliser une percée.

«On voulait avoir une percée en Chine, nous y avons maintenant pignon sur rue et nous croyons qu'Avatar est un bon spectacle pour percer le marché chinois», a estimé le président.

Fondé au Québec en 1984, le Cirque du Soleil a été acquis au printemps dernier pour 1,5 milliard $. Le fonds d'investissement américain TPG en détient 70 % et le groupe chinois Fosun, détenteur du Club Med, 20 %, la Caisse de dépôt et placement du Québec est le troisième actionnaire.

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