Sylvain Larocque
Journal de Montréal

Bombardier supprime 5000 emplois, dont 2500 au Québec

Bombardier supprime 5000 emplois, dont 2500 au Québec

Photo Courtoisie, Bombardier

Sylvain Larocque

Bombardier a annoncé jeudi une série de mesures pour améliorer sa rentabilité, y compris la suppression d'environ 5000 postes, dont 2500 au Québec, et la vente du programme d'avions régionaux Q400.

La multinationale québécoise réduira la taille de son «équipe centrale d'ingénierie aéronautique», concentrée dans la région de Montréal, et retranchera des emplois dans d'autres secteurs dans le cadre d'une «initiative de restructuration» visant notamment «l'optimisation des processus de production et de gestion».

À la fin de 2017, Bombardier comptait 69 500 salariés dans le monde.

Par ailleurs, Bombardier vendra sa gamme d'avions turbopropulsés Q400 à l'entreprise britanno-colombienne Viking Air pour environ 300 M $ US. L'entreprise avait acquis ce programme de Boeing en 1992.

Bombardier cédera en outre ses activités de formation des pilotes et des techniciens d'avions d'affaires à l'entreprise montréalaise CAE pour environ 800 M $ US.

Au troisième trimestre, Bombardier a enregistré des revenus de 3,64 G $ US, en baisse de 5%, et des profits nets de 149 M $ US (4 cents US par action). Pendant la même période de l'an dernier, l'entreprise avait subi une perte nette de 100 M $ US.

«Tout le monde est inquiet présentement»

En annonçant des coupes d'emplois massives, Bombardier vient de faire naître l'inquiétude dans des milliers de foyers québécois, déplore le syndicat des travailleurs.

Le fleuron québécois créait la commotion en dévoilant, dans un communiqué publié jeudi matin, qu'il procéderait à une restructuration le menant à supprimer 5000 postes à travers le monde d'ici 12 à 18 mois, dont 2500 seulement au Québec.

Le représentant des travailleurs de Bombardier s'est dit « surpris ». « On s'attendait à ce qu'il arrive quelque chose dans les temps à venir, mais pas à une mise à pied de 5000 personnes à travers Bombardier », a déclaré Dave Chartrand, sur les ondes de LCN.

« La plus grande frustration, et ce n'est pas une première: Bombardier, à chaque fois qu'ils annoncent des mises à pied, c'est toujours un grand nombre, et on ne sait jamais qui va être affecté », poursuit-il.

Selon lui, une épée de Damoclès flotte maintenant sur la tête de tous les travailleurs de l'entreprise, en attendant que la direction précise les choses. « Tout le monde est inquiet présentement », déclare-t-il, déplorant du même coup la « façon cavalière » de gérer les choses chez l'avionneur, qui ne fait rien pour rassurer les travailleurs. « Ça fatigue les gens, ça affecte leur moral au travail. »

Dans les prochaines heures, M. Chartrand souhaite rencontrer les travailleurs pour les rassurer, ainsi que l'employeur pour tenter de maintenir le plus de personnes au travail et d'en relocaliser d'autres.

Heureusement, il rappelle qu'une entente de réciprocité a été négociée lors de la vente de la CSeries, permettant aux travailleurs syndiqués qui sont mis à pied par Bombardier d'avoir une priorité d'embauche chez Airbus, « avec tous leurs droits au sens de la convention collective », explique le président du syndicat, qui risquait fort d'avoir une fin de semaine fort occupée.

Bombardier explique que la restructuration vise à faire des économies de 250 millions $ US.

L'entreprise annonce également avoir conclu des ententes définitives visant la vente du programme d'avions Q Series à Longview Aircraft, filiale de Longview Aviation Capital, pour quelque 300 millions de dollars US.

- TVA Nouvelles



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