Guillaume Picard
Agence QMI

Prével a 40 ans et une nouvelle génération aux commandes

Prével a 40 ans et une nouvelle génération aux commandes

Le fondateur de Prével, Jacques Vincent (à gauche), a pris part récemment à une fête organisée pour célébrer les 40 ans de l'entreprise qu'il a vue le jour en 1978. On le voit ici aux côtés des deux actuels coprésidents de Prével, sa fille Laurence VIncent et Jonathan Sigler.GUILLAUME PICARD/AGENCE QMI

Guillaume Picard

Le groupe immobilier Prével célèbre ses 40 ans en passant le flambeau à la fille du fondateur, Laurence Vincent, qui, après 15 ans au sein de l'entreprise, est devenue coprésidente en janvier dernier.

Verticalement intégrée, Prével est connue pour avoir été la première à s'attaquer au redéveloppement du quartier Griffintown, à Montréal, en métamorphosant l'ancienne usine Lowney à partir de 2004. Si, au départ, l'ancien secteur industriel était peu attrayant, aujourd'hui les tours y ont poussé comme des champignons et plus de 8000 personnes y vivent.

C'est dans le cadre de ce projet que Prével a mis au monde les chalets urbains au sommet des édifices, un incontournable maintenant pour tous les promoteurs qui se respectent. Prével voulait ainsi créer un esprit de communauté qui fait toujours partie de sa stratégie.

«Griffintown a été un de mes premiers mandats chez Prével. J'y suis allée à mes débuts pour faire des relevés sur la bâtisse du Lowney quand c'était encore assez déstructuré. J'ai vu grandir beaucoup de nos projets, dont celui-là», a dit Laurence Vincent en entrevue avec l'Agence QMI.

Quatorze ans plus tard, Prével a multiplié les phases du projet Lowney et lancé, dans le même secteur, plusieurs autres projets immobiliers, dont Les Bassins du Havre.

Prével, qui compte une centaine d'employés, a fait élever bien des grues dans le ciel montréalais ces dernières années - notamment près de l'ancien Forum et dans le Vieux-Montréal -, si bien que la valeur de tous ses projets immobiliers depuis 15 ans s'élève à 2 milliards $.

«Besoin de magie»

Griffintown n'a pas fini d'être transformé, Prével y est d'ailleurs encore actif avec Les Bassins du Havre, mais l'entreprise souhaite aussi étendre son terrain de jeu. Pour ce faire, elle mettra le cap sur d'autres quartiers qui ont également «besoin de magie».

«On espère pouvoir annoncer quelque chose au plus tard au début de 2019», a-t-elle indiqué.

Laurence Vincent ne veut pas vendre la mèche et révéler vers où son entreprise se dirige, mais elle dit être bel et bien en négociations pour l'achat de terrains. Avec tous les projets de transports en commun qui sont dans l'air, du Réseau express métropolitain jusqu'au prolongement de la ligne bleue du métro, beaucoup de terrains ont gagné en valeur et en potentiel d'attraction pour de futurs résidents. Et dans la campagne électorale qui bat son plein, des partis ont parlé de décontamination de l'est de Montréal, ce qui pourrait bien attirer les promoteurs dans ce vaste secteur mal aimé.

«Pour nous, c'est vraiment d'essayer d'identifier les sites émergents et d'essayer, de par l'habitation, de faire émerger des quartiers par le fait d'amener des humains qui vont y faire vivre des commerces et des services», a dit Mme Vincent, qui, a un petit de gauche teintant ses actions et sa vision.

«Il y a un grand souci de maximiser le pied carré et de réfléchir à comment on peut garder les coûts le plus abordables possible.C'est un grand défi pour Montréal de réussir à rester abordable. On l'est encore, mais pour combien de temps encore. Pour nous, on considère que c'est une part de responsabilité de réfléchir à ces questions-là et de travailler avec plusieurs acteurs du milieu pour que l'habitation reste abordable et que les Montréalais puissent être propriétaires dans leur ville. Montréal tire la province vers le bas, car on a un grand taux de locataires dans la métropole.»

Pour Laurence Vincent, accéder à la propriété crée définitivement de la richesse. «Le jour où quelqu'un met le pied dans l'immobilier, rapidement, après ça, son unité va prendre de la valeur, et grâce à cette forme d'épargne forcée, sa situation financière va s'améliorer. Il va pouvoir s'acheter une unité plus grande par la suite.»

Laurence Vincent s'implique aussi en réfléchissant avec l'administration de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, sur un nouveau règlement concernant l'habitation.

«On travaille actuellement sur un règlement de l'habitation qui va être déposé par la Ville de Montréal. On essaie que ce soit le plus réaliste possible en fonction du marché actuel. On est en travail très préliminaire à lancer des pistes pour voir dans quelle direction on peut se diriger au niveau du travail qu'on fait avec la mairesse.»

Un livre et un règlement

Laurence Vincent lancera le 30 octobre un livre, publié aux Éditions du Septentrion, dans lequel elle rendra hommage à son père, Jacques Vincent, qui a fondé l'entreprise en 1978.

«Je vais y revenir sur les années passées à travailler avec mon père, parler de la vision de Prével et du futur, avec un regard sur les 40 dernières années», a-t-elle résumé.



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