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Comcast renchérit sur une offre de Fox dans la bataille pour acheter Sky

Comcast renchérit sur une offre de Fox dans la bataille pour acheter Sky

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NEW YORK | Le câblo-opérateur américain Comcast a renchéri mercredi sur une offre faite le jour même par le groupe Fox pour acheter l'entreprise de télévision britannique Sky, nouvel épisode d'une bataille des deux côtés de l'Atlantique entre géants d'un secteur en bouleversement.

Comcast a renchéri à 26 milliards de livres (environ 46 milliards $), quelques heures après l'offre de Fox, qui veut acheter les 61% du capital de Sky qu'il ne possède pas encore. L'offre du groupe Fox, de la famille Murdoch, valorisait Sky à 24,5 milliards de livres (environ 42 milliards $).

D'après Comcast, sa nouvelle offre a été acceptée par le « comité indépendant » de Sky, composé de dirigeants du groupe britannique non membres de la galaxie Murdoch, déjà présente à la direction de Sky dont elle contrôle 39 % des parts.

Ce même comité avait accepté plus tôt l'offre de Fox.

« Comcast admire depuis longtemps Sky et estime que c'est une entreprise remarquable qui se marierait très bien avec Comcast », souligne le groupe américain dans un communiqué.

La surenchère de mercredi illustre « l'engagement pour détenir Sky », ajoute-t-il.

Contrairement à l'offre de Fox, celle de Comcast a déjà reçu l'approbation des autorités britanniques.

La Commission européenne avait, elle, autorisé le 15 juin, sans condition le rachat du groupe de télévision britannique par Comcast, un an après avoir autorisé une offre concurrente émise par 21 st Century Fox.

Outre Sky News, Sky est très présent dans le sport et vient de réussir à garder la main sur la plus grande partie des droits de diffusion de la « Premier League » anglaise de football au Royaume-Uni. Le groupe a par ailleurs conclu un partenariat avec la plate-forme suédoise de streaming musical Spotify. Sky diffuse aussi de la fiction, détenant par exemple les droits de diffusion de la série à succès Game of Thrones.

L'offre de Fox devait, elle, être soumise à l'aval des autorités britanniques, qui se penchent sur le dossier depuis de longs mois déjà.

Londres s'inquiète pour la pluralité des médias au Royaume-Uni où Murdoch contrôle déjà deux quotidiens à grands tirages, le Sun et le Times.

Dans un communiqué publié mercredi à la Bourse de Londres, le géant américain des médias 21st Century Fox, déjà premier actionnaire de Sky, avait détaillé sa nouvelle proposition: elle passe de 10,75 livres par action Sky à 14 livres, afin d'acheter les 61 % du capital qu'il ne possède pas encore.

Un dossier complexe

L'autorité britannique de la concurrence (CMA) avait statué que la proposition de rachat de Fox pourrait être « contraire à l'intérêt du public ».

Mais depuis, 21 st Century Fox avait proposé quelques remèdes, parmi lesquels le ministre britannique de la Culture et des Médias a retenu la vente de Sky News au géant américain du divertissement Disney ou à « tout autre acheteur acceptable », assorti de l'engagement d'un financement approprié de cette chaîne à moyen terme.

Dans son communiqué mercredi, Fox avait indiqué que le ministère devait rendre sa décision finale sur ce sujet d'ici jeudi.

Avant même que Comcast ne surenchérisse, George Salmon, analyste chez Hargreaves Lansdown, avait relevé que l'offre de Fox était « un peu inférieure à ce que certains anticipaient » et qu'il y avait « toutes les chances que Comcast contre-attaque de nouveau ».

Le rachat de Sky est par ailleurs compliqué par le fait qu'aux États-Unis, la bataille fait rage entre Disney et Comcast pour racheter un pan important du groupe Fox.

Fin juin, Disney a obtenu le feu vert des autorités de la concurrence américaines pour le rachat de l'essentiel de Fox à condition de vendre des chaînes sportives.

Ceci ouvre la voie à la création d'un mastodonte: Disney possède à Hollywood la saga Star Wars ou les super-héros Marvel, les chaînes du groupe ABC et surtout les sportives ESPN. Il veut mettre la main sur les studios de cinéma 20th Century Fox, la chaîne de télévision National Geographic, la participation de Fox dans le service de streaming Hulu et, au Royaume-Uni, dans Sky.

La chaîne de télévision câblée américaine Fox News, le Wall Street Journal et l'agence d'informations DowJones, autres propriétés de la famille Murdoch, n'en font en revanche pas partie et constitueraient l'essentiel d'un nouveau groupe « Fox » aminci.

Disney a mis 71,3 milliards de dollars sur la table dans cette opération, mais Comcast, qui a déjà déposé une première offre sur Fox, pourrait surenchérir d'après la presse américaine.

Comcast a dans son escarcelle NBC, USA Network, CNBC ou encore les studios Universal et DreamWorks, sans compter ses activités d'opérateur internet.



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