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Mexico taxe des produits des É.-U. en représailles

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Mexico | Viande de porc, whisky, fromages, pommes et raisins font partie des produits américains qui subiront des taxes douanières de 15 à 25%, selon une liste publiée mardi par Mexico en représailles aux taxes américaines.

Face à l'«adoption unilatérale» par les États unis de taxes sur l'acier et l'aluminium, le Mexique «a le droit de prendre des mesures aux effets commerciaux équivalents», explique le ministère de l'Économie dans le journal officiel.

Les produits visés sont essentiellement des produits agricoles, auxquels s'ajoutent des produits à base de métal tels que des plaques d'acier ou encore des tubes de perforation.

«Le Mexique peut ajuster la composition de la liste des produits originaires des États-Unis» visés par ces taxes, prévient le ministère.

Les hausses de taxes douanières visent notamment des secteurs politiquement favorables au président Donald Trump, comme celui de la production porcine, selon certains experts mexicains.

Lundi, le Mexique a annoncé qu'il allait déposer une plainte auprès de l'OMC au sujet des taxes américaines sur l'acier et l'aluminium, estimant que ces taxes n'ont pas été « adoptées conformément aux procédures prévues, et violent également l'accord général sur les taxes douanières et le commerce de 1994» selon le ministère.

L'OMC «a reçu une plainte du Mexique aujourd'hui », a confirmé ce mardi à l'AFP un responsable de l'OMC à Genève.

Le Canada et l'Union européenne ont également annoncé le dépôt d'une plainte auprès de l'OMC.

L'administration Trump a décidé de ne pas prolonger l'exemption temporaire accordée à l'Union européenne, au Mexique et au Canada, et a mis en place depuis vendredi des taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium.

Très critiquée sur la scène internationale, la décision américaine intervient alors que les États-Unis, le Canada et le Mexique négociaient la modernisation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), signé en 1994 et que Trump a qualifié de « désastre » pour les emplois américains.

Le principal conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, a indiqué mardi qu'il avait informé le Canada de la volonté du président Trump de négocier un accord séparé pour remplacer l'ALÉNA.

«Le Canada n'exclut pas de signer un accord commercial bilatéral séparé avec les États-Unis, mais pour le moment nous restons concentrés sur la renégociation fructueuse de l'ALÉNA», a répondu peu après à l'AFP un haut responsable canadien.

Le ministre mexicain de l'Economie Ildefonso Guajardo a de son côté réaffirmé la volonté de son pays de maintenir un accord trilatéral «très productif pour l'intégration de l'Amérique du Nord, et qui est déjà une étiquette mondialement connue pour les investisseurs».

Il y aurait selon lui «une perte de valeur si cet accord cessait d'exister». L'ALÉNA reste vital pour le Mexique, qui exporte près de 80% de ses produits vers le marché américain.



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