Stéphane Gendron
Agence QMI

Bombardier avait l'expertise pour construire le train du REM

Bombardier avait l'expertise pour construire le train du REM

Stéphanie Gendron

Stéphane Gendron

LA POCATIÈRE- L'usine de Bombardier à La Pocatière aurait pu construire le REM, a affirmé le premier ministre Philippe Couillard, contredisant ainsi Michael Sabia, PDG de la Caisse de dépôt qui avait dit qu'aucune usine québécoise n'était suffisamment outillée pour le faire.

Le premier ministre a rencontré les travailleurs de l'usine Bombardier à La Pocatière tôt vendredi matin pour les rassurer sur leur avenir.

La veille, monsieur Sabia avait affirmé qu'aucune usine au Québec n'était outillée pour construire le Réseau express métropolitain (REM). Les wagons seront assemblés en Inde.

«Est-ce qu'il y a d'autres usines ou d'autres travailleurs qui peuvent le faire, bien oui, il y en a. Si ça c'était produit, si le contrat de la caisse avait été attribué ici, il aurait été fait ici, éventuellement peut-être ailleurs dans le monde, je ne veux pas parler pour la compagnie non plus», a dit le premier ministre Philippe Couillard dans le hall d'entrée de l'usine Bombardier à La Pocatière.

«Est-ce qu'il aurait été possible immédiatement de faire des wagons de REM, non, parce qu'il faut adapter les usines, amener l'équipement, préparer la technologie, former le personnel. Je suppose que c'est ce que monsieur Sabia a voulu dire, mais je ne veux pas parler pour lui», a-t-il ajouté.

Mario Guignard, le représentant des travailleurs de Bombardier à La Pocatière affirme que le contrat aurait pu être fait à l'usine du Bas-Saint-Laurent. «Chez Bombardier La Pocatière on a tout le temps fait des grosses réalisations. Ça m'étonnerait qu'on n'ait pas pu le faire ici. On peut faire à peu près n'importe quoi».

De l'espoir

Par ailleurs, les travailleurs de Bombardier à La Pocatière s'apprêtent à terminer cet automne la première partie du contrat de renouvellement des voitures Azur du métro de Montréal, entraînant la mise à pied d'au moins 200 travailleurs.

Le premier ministre Philippe Couillard est venu les rencontrer et les rassurer. Il leur a dit qu'il n'y avait que deux étapes à franchir avant de confirmer que la suite du contrat de renouvellement des voitures, qui était prévue pour 2036, sera devancée pour leur permettre de continuer de travailler.

«C'est le même contrat qu'on veut continuer avec le consortium Bombardier-Alstom.

Les négociations avec la Société des transports (STM) vont très bien. On devrait avoir une issue bientôt favorable», a dit le premier ministre.

Un projet de loi est aussi en rédaction pour éviter des contestations en justice. «C'est ce que les avocats du gouvernement recommandent. Nous allons déposer un projet de loi à l'Assemblée nationale. Il sera déposé une fois l'entente avec la STM conclue. Je suis certain que les partis d'opposition vont vouloir collaborer», a ajouté le premier ministre.

La nouvelle a été bien accueillie par les travailleurs. Cela permet d'éviter des mises à pied permanentes, ce que tous redoutaient.

«Au lieu d'être des mises à pied permanentes, ce sera des mises à pied temporaires. L'impact est mineur au lieu d'être majeur. Ces gens-là pourront attendre après Bombardier sans devoir cogner à la porte d'un autre employeur», a indiqué le représentant des travailleurs Mario Guignard.

L'objectif est de conclure l'entente et adopter le projet de loi avant le début de l'été. Il faut prévoir toutefois un délai d'au moins 10 à 12 mois avant de commencer, le temps de commander le matériel requis.



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