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Le livre électronique : «un produit stupide», selon le patron de Hachette

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Le grand patron des éditions Hachette fustige le livre électronique, un produit qu'il juge «stupide» et sans créativité.

À la tête d'un groupe qui a réalisé un chiffre d'affaires de 3,5 milliards $ en 2016, Arnaud Nourry estime que les formats numériques lus sur les tablettes électroniques ont eu, somme toute, un impact limité dans le monde de l'édition.

Il déplore que le livre numérique (ebook) ne soit qu'exactement «la même chose que le papier, mais en numérique», a-t-il confié lors d'une entrevue pendant son récent voyage en Inde, pour souligner les dix ans de la filiale indienne de son groupe.

«Il n'y a aucune créativité, pas d'enrichissement, pas de véritable expérience numérique», a-t-il précisé, selon le site indien scroll.in.

«Nous, en tant qu'éditeurs, n'avons pas fait un super travail avec le numérique, a-t-il avoué. Nous avons essayé. Nous avons expérimenté le livre électronique augmenté ou enrichi - mais sans succès. Nous avons essayé les applications, les sites web avec du contenu, mais nous avons connu une ou deux fois des succès, sur des centaines d'échecs.»

Arnaud Nourry dit toutefois ne pas être contre ce format, qui a connu un véritable essor après le lancement du premier lecteur Kindle par le géant Amazon en 2007. Actuellement, note-t-il, le livre électronique déteint environ 20 % du marché dans le monde anglophone, après avoir connu un sommet de 25 % en 2014. Ailleurs, sur la planète, sa part n'est que 5 ou 7 % du marché du livre.

«Il y a toujours un lectorat pour les livres numériques, croit-il mais à un prix (de vente) qui maintient l'écosystème en vie.»

Éviter les prix trop bas

Pour M. Nourry, il faut éviter de laisser descendre le prix des livres numériques à 2 ou 3 $. «(Ainsi), vous allez tuer toutes les infrastructures : vous tuerez les librairies, les grandes surfaces culturelles et vous tuerez les revenus des auteurs.»

Le patron du groupe Hachette dit avoir appris des déboires de l'industrie de la musique et du cinéma et veut éviter de faire les mêmes erreurs. «Leur première [erreur] était de retarder la numérisation de leur produit, ce qui a contribué au piratage. La deuxième était de ne pas avoir gardé le contrôle sur le prix. Ils étaient incapables de protéger leur chiffre d'affaires, les revenus de leurs chanteurs ou scénaristes. »

Pour rappel, Amazon et Hachette se sont affrontés entre 2009 et 2014 sur la question des conditions de ventes des livres aux États-Unis. Ils ont finalement trouvé un terrain d'entente qui donnait à l'éditeur le droit de fixer les prix de vente.



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