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ALENA : le Canada prêt à tout, mais à la table coûte que coûte

ALENA : le Canada prêt à tout, mais à la table coûte que coûte

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland. AFP

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Les négociateurs canadiens dans le dossier de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) resteront à la table coûte que coûte, malgré les rumeurs de plus en plus insistantes voulant que les États-Unis se retirent de l'entente.

«La Canada est préparé à toute éventualité», a assuré la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, jeudi matin, en marge d'une rencontre du cabinet à London, en Ontario.

Comme elle le fait depuis quelques mois déjà, la ministre a répété que le Canada espère le meilleur dénouement possible, tout en se préparant au pire.

Ces propos surviennent à deux semaines de la sixième ronde de pourparlers entourant l'ALÉNA, qui débutera à Montréal le 23 janvier.

Malgré les informations voulant que l'administration Trump soit sur le point de signifier qu'il souhaite se retirer de l'accord, le fédéral demeurera à la table des négociations, a insisté Mme Freeland. La ministre a ajouté que les discussions entourant de nombreux chapitres de l'accord sont en voie de se conclure.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a quant à lui déclaré qu'Ottawa avait «étudié attentivement tous les scénarios», mais qu'il restait engagé à améliorer l'ALÉNA.

Pratiques commerciales contestées

Les ministres du cabinet ont minimisé les impacts négatifs qu'aurait à la table de négociations la plainte d'Ottawa déposée devant l'Organisation mondiale du Commerce afin de contester l'imposition de droits compensatoires par les États-Unis dans plusieurs dossiers, dont ceux du bois d'oeuvre et de Bombardier.

«Nous serons toujours à la table, mais nous avons aussi besoin de protéger nos industries», a affirmé le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne.

Le gouvernement fédéral a l'appui «sans équivoque» de Québec, a fait savoir la ministre de l'Économie, Dominique Anglade. «On veut maintenir l'ALÉNA, mais il faut qu'on se tienne debout» devant l'administration Trump, a-t-elle martelé.

L'accord dans la tourmente

Une source a indiqué à TVA Nouvelles mercredi que le fédéral s'attendait à recevoir un avis de retrait de la part des États-Unis, ce qui ne signifie pas un retrait formel.

Ces propos sont venus nuancer un reportage de Reuters selon lequel le gouvernement canadien est persuadé que le président américain Donald Trump se retirera de l'accord en vue de la ronde de négociations de Montréal.

Le président Trump a plusieurs fois menacé de déchirer l'entente de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique depuis son entrée en politique. En vertu de l'ALÉNA, les parties qui souhaitent se retirer doivent le signifier six mois à l'avance.

Des représentants mexicains ont confié à Reuters qu'ils quitteraient carrément les négociations si Washington envoyait un tel avis de retrait.

De la pression de part et d'autre

«L'administration américaine essaie d'abord de mettre de la pression sur le gouvernement canadien, parce qu'elle voit que le Canada tient tête sur un certain nombre d'enjeux», a commenté le professeur de droit international économique à l'Université Laval, Richard Ouellet, en entrevue à l'émission de Mario Dumont à LCN.

À l'approche de la sixième ronde de discussions, des différends majeurs subsistent toujours entre les parties à la table, le Canada et le Mexique accusant tous deux les États-Unis d'être trop exigeant dans ses demandes.

Washington demande entre autres l'abolition du système de gestion de l'offre au Canada, la fin du mécanisme de règlement des disputes commerciales de l'ALÉNA ainsi qu'une augmentation drastique du contenu américain dans le secteur automobile.

En dépit de ces difficultés, le gouvernement canadien mène depuis le début de 2018 une opération de charme auprès des Américains. Plusieurs ministres, dont Chrystia Freeland, ont voyagé au sud de la frontière afin de promouvoir les bienfaits du libre-échange entre les deux pays.

«On rencontre des gouverneurs, des membres de la chambre des représentants et des sénateurs, en espérant que ces gens-là vont finir par faire comprendre à l'administration centrale que ça n'a aucun sens d'arrêter le libre-échange en Amérique du Nord», a analysé le professeur Richard Ouellet.



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