Pierre Couture
Journal de Québec

Restructuration chez IGA-Sobeys

Restructuration chez IGA-Sobeys

Photo d'archives

Pierre Couture

Une restructuration majeure est en cours chez l’épicier IGA-Sobeys, et le Québec ne sera pas épargné. Des compressions de 500 millions $ sont à venir au pays.

La maison-mère d’IGA-Sobeys, Empire, a annoncé jeudi un vaste plan de restructuration étalé sur trois ans. Sobeys est la deuxième plus grande chaîne de supermarchés au Canada.

Outre la bannière qui porte son nom, Sobeys est aussi la propriétaire au Québec des enseignes IGA, Bonichoix, Marchés Tradition et Rachelle-Béry.

«Nous sommes déterminés à aller de l’avant avec une rapidité sans précédent pour prendre des décisions difficiles et effectuer des changements sans compromettre le service à nos clients», a indiqué le nouveau PDG de Sobeys, Michael Medline.

En sol québécois, Sobeys détient plusieurs centres de distribution ainsi qu’un centre administratif dans la métropole.

Combien de postes disparaîtront? Pour l’heure, Sobeys refuse de fournir les détails des compressions.

La chaîne prévoit comptabiliser d’importants coûts d’indemnités de départ, de déménagement et de formation d’appoint au cours des prochains trimestres.

On sait toutefois que le plan comprend une réorganisation complète des bureaux régionaux. Sobeys dit vouloir «une structure principalement nationale de type fonctionnel».

Gain de productivité

Le PDG de Sobeys évoque la création également d’importants gains de productivité et d’efficience à l’interne. Sobeys emploie 125 000 travailleurs et exploite 1500 supermarchés.

Chez les analystes qui suivent le secteur de l’alimentation, cette réorganisation est loin de surprendre.

« Compressions majeures »

Devant l’ascension de Walmart et de Costco dans l’alimentaire, Sobeys souffre également depuis plusieurs trimestres de son acquisition à gros prix de la chaîne de supermarchés Safeway dans l’Ouest canadien.«Ce sont des compressions majeures qui vont se faire sentir partout au pays», a fait valoir le professeur de politique alimentaire à l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois.

Ce dernier croit que l’annonce de Sobeys envoie le signal qu’elle entend conserver la chaîne Safeway pour mieux la restructurer.

Au dernier trimestre, Empire a affiché un léger profit de 34,6 millions $ sur des revenus de 5,89 milliards $. À la Bourse de Toronto, le titre d’Empire a terminé hier à 21,29 $, en hausse de 86 cents (+4,2 %).

Sobeys au Canada

  • Chiffre d’affaires annuel: 24 milliards $
  • Nombre d’employés: 125 000
  • Bannières: IGA, Sobeys, Safeway, FreshCo, Bonichoix, Marchés Tradition et Rachelle-Béry

Les fournisseurs devront faire leur part

Pour réduire ses coûts, Sobeys demandera à nouveau à ses fournisseurs de collaborer.

«C’est déjà très compliqué pour eux. Ce sera encore plus difficile avec des marges plus faibles», soutient le professeur de politique alimentaire à l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois.

La direction de Sobeys a indiqué jeudi qu’elle allait négocier au cours des prochains trimestres des ententes avec ses fournisseurs en raison de son important pouvoir d’achat de 24 milliards $ d’un bout à l’autre du pays.

«On va simplifier les choses pour nos fournisseurs. Au lieu de négocier, par exemple, à quatre endroits différents au Canada avec nous, ils vont dorénavant parler à une seule personne. On pense que de cette façon, on ira chercher de meilleurs prix sur le volume», a précisé au Journal le nouveau vice-président exécutif au Québec, Pierre St-Laurent.

Sobeys, tout comme Metro et Loblaws, avait déjà décrété au cours des dernières années des baisses de prix à ses fournisseurs.

Fournisseurs affectés ?

Le professeur Charlebois est d’avis que ces nouvelles négociations sur les prix pourraient toutefois faire très mal à certains fournisseurs, dont la rentabilité a été mise à rude épreuve ces derniers temps.

«Ça pourrait affecter la rentabilité de certains fournisseurs, alors que Sobeys pourrait même demander l’exclusivité de leurs produits», a-t-il expliqué.

Plusieurs fournisseurs québécois et canadiens du secteur alimentaire ont été contraints de fermer leurs portes au cours des dernières années.

Depuis 10 ans, l’industrie de la transformation alimentaire canadienne a vu fermer 150 entreprises et disparaître 28 000 emplois, dont 8000 au Québec.



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