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Trump dans une usine Boeing qui vient de rejeter les syndicats

Trump dans une usine Boeing qui vient de rejeter les syndicats

Donald Trump.Photo Archives / Agence QMI

Donald Trump visitait vendredi l'usine de l'avionneur Boeing qui fabrique le dernier né du constructeur aéronautique, le 787-10, une version allongée de son appareil surnommé Dreamliner. Ses employés viennent de refuser de se syndiquer.

Sa visite lui a permis de saluer le made in America dont il se fait le chantre, même si Boeing ne soutient pas nécessairement ses velléités protectionnistes.

Pas plus tard que mercredi, 74 % des ouvriers des 2828 employés ayant voté lors d'une consultation ont refusé de rejoindre le syndicat de branche, l'International Association of Machinists and Aerospace Workers.

L'usine installée dans la banlieue de Charleston, en Caroline du Sud, emploie 7500 personnes.

Le sud des États-Unis est réputé hostile aux syndicats et plusieurs constructeurs automobiles, notamment européens et japonais, ont décidé d'y construire des usines pour cette raison. Boeing, lui, s'y est installé en 2009 avec le rachat de Vought Aircraft Industries, l'un de ses anciens fournisseurs.

C'est de cette usine que doit sortir vendredi le premier exemplaire du Boeing 787-10, le dernier né de la série Dreamliner commercialisée depuis 2011. Ce modèle peut transporter jusqu'à 330 passagers avec un rayon d'action approchant 12 000 kilomètres. Plus de 500 appareils de type 787 ont déjà été livrés dans le monde et le 787-10 a déjà été commandé à 149 exemplaires.

La visite de Donald Trump permet aussi à Boeing de se mettre dans les petits papiers du président américain, qui mène la vie dure aux industriels pour qu'ils augmentent leurs effectifs aux États-Unis.

Les choses avaient mal commencé lorsque Trump avait demandé après son élection, mais avant son entrée en fonction, au constructeur de réduire le prix du futur avion présidentiel Air Force One.

«Boeing construit un Air Force One 747 tout neuf pour les futurs présidents, mais les coûts s'envolent, plus de quatre milliards de dollars. Annulez la commande!», avait-il asséné sur Twitter, son canal de communication préféré.

Boeing s'était engagé aussitôt à en réduire les coûts même si, en tant que seul avionneur américain, il ne risque pas de voir le contrat lui échapper.

Comptant parmi les plus grands exportateurs américains, Boeing tient surtout à voir la nouvelle administration faire en sorte qu'il puisse continuer à profiter des facilités offertes par l'assureur-crédit public américain Export-Import Bank.

Celui-ci avait été en 2015 la cible de certains parlementaires républicains, le parti de Donald Trump, qui entendaient le supprimer estimant que l'État fédéral n'avait pas à aider des exportateurs comme Boeing, ce rôle pouvant être rempli par le marché.

L'Export-Import Bank est à ce point importante pour l'avionneur et le financement de ses ventes à l'exportation qu'elle est souvent appelée «Boeing Bank». Trump ne s'est pas encore exprimé officiellement sur l'avenir de l'établissement.



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