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Près de 500 travailleurs bientôt au chômage dans l'est de Montréal

Près de 500 travailleurs vont se retrouver sans emploi après la fermeture, d'ici la fin de l'année 2017, de l'usine du géant mondial de l'alimentation Mondelez, fabricant des biscuits Christie, Oréo et LU.

L'usine montréalaise, autrefois Kraft, doit cesser graduellement ses activités d'ici la fin de l'année 2017 et 454 employés perdront ainsi leur emploi, a fait savoir l'entreprise dans un communiqué.

Mondelez emploie actuellement plus de 3000 personnes au Canada.

«Il s'agit d'une décision difficile, mais nécessaire, qui a été prise après un examen minutieux de notre chaîne d'approvisionnement canadienne et des occasions qui se présentaient à nous pour améliorer notre efficacité et notre efficience», a dit Olivier Bouret, vice-président, Chaîne d'approvisionnement intégrée, biscuits et craquelins, Amérique du Nord.

«Nous désirons maintenant concentrer nos efforts sur nos employés de l'usine de Montréal et prenons les mesures nécessaires afin d'assurer une transition harmonieuse et un soutien adéquat pour tous ceux visés par cette décision», a ajouté M. Bouret.

L'entreprise a fait savoir que «plus de 95 % de la fabrication actuelle des produits de l'usine de Montréal restera dans le réseau de fabrication canadien». Pour le reste, la production sera transférée aux États-Unis.

Située sur la rue Viau, dans l'est de Montréal, la biscuiterie de Montréal est notamment le lieu de production des biscuits Oreo, Ritz, Fins au blé et Premium Plus.

L'usine la plus coûteuse au Canada?

En entrevue téléphonique avec TVA Nouvelles, Stephanie Cass, la porte-parole de la compagnie, a souligné le fait que l'usine de Montréal était «l'une des plus coûteuses» à opérer en Amérique du Nord.

D'ailleurs, Mondelez Canada ne prévoit «absolument pas» fermer d'autres usines ailleurs au pays, a assuré Mme Cass.

La direction a annoncé la mauvaise nouvelle à ses employés mercredi après-midi.

«C'est très décevant et c'est vraiment triste, a confié Denis Laurendeau, un employé de l'usine, en entrevue avec TVA Nouvelles. Ça fait 18 ans que je suis là, ça fait 18 ans qu'il y a des rumeurs de fermeture. On les prend plus ou moins au sérieux après ce temps-là.»

L'homme de 57 ans, qui se dit «quand même établi» a d'ailleurs une pensée pour ses collègues de travail plus jeunes, dont certains ont des enfants. «Ça attriste beaucoup, ça me bouleverse, a-t-il souligné. C'était de très bons emplois avec des bons salaires dans une bonne compagnie. C'est encore plus triste.»

Après la fermeture de sa biscuiterie de Montréal, la société conservera cinq usines, deux centres de distribution et un siège social, indique-t-on dans le communiqué.

Un géant au chiffre d'affaires de 35 milliards $

Rappelons qu'en octobre 2012, Kraft Foods inc. s'est scindée en deux compagnies, Kraft Foods Group Inc et Mondelez International Inc, qui représentait la division de la gamme de produits d'épicerie.

Outre les biscuits Christie, Oréo, LU, la compagnie rassemble les marques Dentyne, Caramilk, Trident, Triscuit ou encore Toblerone. Ainsi, son portefeuille comprend des marques réparties dans six grandes catégories (biscuits, craquelins, gommes à mâcher, chocolats, pastilles contre la toux et friandises).

Le chiffre d'affaires de l'entreprise, dont le siège mondial est à Deerfield, dans l'Illinois, est de plus 35 milliards $ US.

Plusieurs réactions

Les réactions n'ont pas tardé après l'annonce de la fermeture.

La ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, estime qu'il n'y a rien à faire avec les dirigeants de Mondelez Canada. Leur décision de fermer l'usine de la rue Viau, dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, et de mettre à pied 454 travailleurs est irrévocable, selon elle.

«Je ne veux pas être négative, mais je ne veux pas créer de faux espoirs non plus, a-t-elle dit. Mon équipe est en échange avec eux depuis [jeudi] matin. Mais l'entreprise avoue elle-même que c'est une décision finale. Elle n'a pas l'air de vouloir se moderniser. Je ne peux pas forcer quelqu'un à faire quelque chose qu'il ne veut pas faire. Est-ce que j'aimerais trouver quelque chose? Oui, bien sûr. Mais je ne peux pas être optimiste. À la veille de Noël, 450 familles qui sont touchées, ce n'est pas une situation dans laquelle on veut se retrouver.»

L'Association Internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA) dit avoir du mal à comprendre cette nouvelle «plutôt inattendue, qui est venue frapper de plein fouet les 454 travailleuses et travailleurs de Mondelez».

«Nous sommes en mode solution», a dit l'agent d'affaires de l'AIMTA et représentant des travailleurs de Mondelez, Pierre Grenier, dans un communiqué. «Nous allons prochainement nous asseoir avec l'employeur pour évaluer les alternatives qui s'offrent à nous. Nous ne ménagerons pas nos efforts pour tenter de sauver les meubles et de trouver un règlement qui sera avantageux pour nos membres.»

Le syndicat blâme l'inaction du gouvernement libéral pour protéger des emplois dans le secteur manufacturier. «Le gouvernement libéral avait promis de créer 250 000 emplois durant son mandat, eh bien je lui conseille d'abord de travailler à conserver les bons emplois existants», a dit le coordonnateur québécois de l'AIMTA, David Chartrand.

«Le gouvernement a-t-il été consulté, a-t-il l'intention de s'investir pour la sauvegarde de ces emplois? Ce n'est déjà pas évident pour l'est de Montréal, on ne peut pas laisser aller ces emplois-là sans agir.»

De son côté, la Chambre de commerce de l'est de Montréal (CCEM) a appris «avec déception» cette annonce. Elle demande une rencontre avec les dirigeants de Mondelez Canada «afin de clarifier plusieurs points auxquels son annonce [de mercredi] ne répond pas», a dit Carl Poulin, président-directeur général par intérim de la CCEM.

«Nous voulons notamment comprendre les moyens qui ont été mis en place par l'entreprise pour améliorer la productivité et la rentabilité de son usine de Montréal.»

Alors que l'optimisme semblait revenir au sein du secteur manufacturier de l'est de Montréal, cette fermeture est un nouveau coup dur, selon Carl Poulin.

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