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Le coût des demandes de Radio-Canada questionné

Le coût des demandes de Radio-Canada questionné

Lundi, CBC/Radio-Canada a lancé un ballon d'essai dans son mémoire déposé lors des consultations sur l'avenir de la société d'État. Photo Archives / Agence QMI

Le montant de 318 millions $ par année indexable, demandé par Radio-Canada pour renoncer à la publicité, est jugé trop important par Groupe V Média et Groupe Serdy, deux diffuseurs télévisuels privés.

«À nos yeux, les sommes demandées sont déraisonnables, a expliqué Maxime Rémillard, président et chef de la direction de Groupe V Média, dans un communiqué. En faisant preuve de créativité et d'audace, il serait tout à fait possible de revoir le modèle, sans injecter autant d'argent.»

Lundi, CBC/Radio-Canada a lancé un ballon d'essai dans son mémoire déposé lors des consultations sur l'avenir de la société d'État. Le président-directeur général Hubert T. Lacroix a suggéré son retrait de la publicité en contrepartie d'un financement public accru, qui viendrait s'ajouter aux 675 millions $ sur cinq ans déjà promis par le gouvernement fédéral.

Un autre montant de 100 millions $ a aussi été demandé pour permettre la modernisation des installations de Radio-Canada et compléter le virage numérique entamé.

Le Groupe V Média se dit favorable à la proposition d'éliminer la publicité sur les plateformes du diffuseur public. Ce retrait ferait en sorte d'augmenter l'assiette publicitaire pour les diffuseurs privés, ce qui leur permettrait d'aller chercher de nouveaux revenus pour financer leurs productions et leur programmation.

«Ceci dit, il nous apparaît grandement exagéré que le diffuseur public, dont les revenus publicitaires se chiffrent à 253 millions $, demande aux contribuables canadiens 400 millions $ par année pour faire "face aux perturbations des consommateurs et de la technologie", et pour pallier aux minutes à combler dans sa grille», a ajouté M. Rémillard.

Manque de réalisme

Serdy Média, qui regroupe notamment les chaînes de télévision Zeste et Évasion et les magazines associés, croit aussi que les évaluations fournies par CBC/Radio-Canada aux consultations sur l'avenir de la société d'État, manquent de réalisme, affirmant que les prévisions soumises se fondent sur «une forme de pensée magique».

Le grand patron Sébastien Arsenault insiste d'ailleurs sur l'état de la publicité, qui loin d'être stable ou en croissance, recule chaque année.

«Par cette demande, CBC/Radio-Canada cherche plutôt à se protéger de la concurrence, en sécurisant son financement par le public. Plus de moyens financiers avec moins de risques et aucune reddition de comptes», a réagi le Groupe Serdy dans un communiqué.

Avant de discuter des montants compensatoires, Serdy estime qu'il faut aussi se questionner sur le mandat même du diffuseur public.

«Nous avons toujours été en faveur d'une télévision d'État forte, mais nous aimerions connaître clairement le mandat de CBC/Radio-Canada», a ajouté Sébastien Arsenault.



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