Martine Turenne
Agence QMI

Projet de 5,2 G $: Via Rail attend l'argent d'Ottawa

Projet de 5,2 G $: Via Rail attend l'argent d'Ottawa

La société de la Couronne mise sur la «mobilité durable» et ne veut plus être un canard boiteux. Photo Archives / Agence QMI

Martine Turenne

Via Rail souhaite tripler le nombre de trains et de passagers, électrifier sa flotte, et surtout, avoir une voie dédiée dans le corridor entre Québec, Montréal, Ottawa et Toronto.

La société de la Couronne mise sur la «mobilité durable» et ne veut plus être un canard boiteux, dit son PDG, Yves Siciliano-Desjardins, qui a pris ses rênes il y a deux ans.

Le coût du projet est de 5,2 milliards $. Et comme l'actionnaire de Via Rail est le gouvernement du Canada, c'est vers Ottawa que les yeux sont tournés.

Miser sur le service à la clientèle

Yves Siciliano-Desjardins n'a pas pris la direction de Via Rail en 2014 «pour remettre les clés de l'entreprise», alors en sérieux déclin.

«On n'allait nulle part», a-t-il dit devant la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain. «Le service était peu pratique, et de moins en moins utile et pertinent. Il générait des pertes.»

L'année 2016 verra une hausse de l'achalandage et des revenus. Un revirement de situation qui «a été plus rapide que je l'aurais cru», a dit M. Desjardins-Siciliano.

Il l'a fait avec le seul pouvoir qu'a Via Rail: son service à la clientèle. «On ne peut pas changer les voies, ni les trains, les plus vieux du continent, a-t-il dit. On ne contrôle pas les fréquences non plus.»

Une fois ce constat fait, Yves Siciliano-Desjardins a décidé de cesser de pointer les trains de marchandises (de plus en plus nombreux), qui empruntent les mêmes voies que les trains de passagers, et ont priorité, «car ils sont au cœur du dynamisme économique du Canada. Il n'est pas question de réduire leur efficacité. Via Rail doit mettre l'emphase sur ce qu'il peut contrôler, et c'est l'amélioration du service à la clientèle».

Le grand patron répond lui-même à plusieurs commentaires des usagers, «généralement très positifs», malgré retards et lenteurs.

Train à grande fréquence

On ne parle plus de Train à grande vitesse (TGV) à Via Rail, mais plutôt de train à grande fréquence (TGF), dans le corridor Québec, Montréal, Ottawa et Toronto. «Une approche plus humble, plus modeste, mais plus efficace», a dit M. Desjardins-Siciliano.

L'offre créant l'achalandage, Via Rail prévoit que le nombre de passagers sur ces liaisons passerait de 2,6 à 7,2 millions par année si les investissements se font selon son plan, ce qui aiderait à réduire de 12,5 millions de tonnes de Co2 dans l'atmosphère.

«La proposition de prendre le train deviendrait irrésistible, a souligné Yves Desjardins-Siciliano. La demande est là, surtout chez les jeunes. Et les gens veulent sortir de l'enfer des cônes orange, ils en ont ras le bol. Si on leur offre cette opportunité, ils vont la prendre.»

Une fois le feu vert au projet, cela prendrait cinq ans à se déployer. «Ce projet, c'est une idée de Via Rail. Mais c'est le gouvernement du Canada qui prendra les décisions.»

Embauche massive

Près de 40 % de la main-d'œuvre de Via Rail, dont le siège social est à Montréal, partira à la retraite et deva être remplacée au cours des cinq prochaines années. La société prévoit doubler son nombre d'employés, à près de 5000.

Et 10 % des nouveaux employés seront d'anciens membres des forces armées canadiennes, a ajouté Yves Desjardins-Siciliano.

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