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Raymond Chrétien au secours du bois d'oeuvre

Raymond Chrétien au secours du bois d'oeuvre

Raymond Chrétien, à gauche, aux côtés de Michel Leblanc, le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lors d'un événement tenu dans la métropole au printemps 2013. Photo Archives / Agence QMI

Dernière mise à jour: 18-10-2016 | 18h42

Raymond Chrétien a reçu le mandat de représenter le Québec dans les négociations en cours entre le Canada et les États-Unis concernant le commerce du bois d'œuvre résineux.

C'est ce qu'ont annoncé mardi la ministre de l'Économie du Québec, Dominique Anglade, et le ministre des Forêts, Luc Blanchette.

Le négociateur en chef du Québec met en garde l'industrie: les pourparlers entre les États-Unis et le Canada au sujet du conflit du bois d'œuvre seront très difficiles, peu importe l'identité du nouveau président américain.

«Il y a un vent protectionniste qui souffle, non seulement aux États-Unis, mais un peu partout dans le monde, et ça va rendre cette négociation encore plus difficile parce que les Américains, croyez-moi, ne nous font jamais de cadeaux», a affirmé Raymond Chrétien mardi lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale.

«Les Américains sont puissants. Ils sont forts. Quand un accord ne fait pas leur affaire, ils l'ignorent», a-t-il ajouté.

Le neveu de l'ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien est associé et conseiller stratégique chez Fasken Martineau et a été ambassadeur du Canada aux États-Unis de 1994 à 2000.

Il a été choisi par le gouvernement Couillard pour améliorer les chances du Québec d'obtenir un accord satisfaisant.«Mon mandat sera de faciliter la conclusion d'un nouvel accord profitable pour le secteur forestier québécois, en partenariat avec le gouvernement fédéral», a dit de son côté Raymond Chrétien.

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) a salué la nomination de Raymond Chrétien. Le premier vice-président de l'UMQ, Alexandre Cusson, a profité de cette nomination pour plaider en faveur de la signature rapide d'une entente qui tienne compte des particularités forestières du Québec.

Les étoiles ne sont pas alignées

«J'ai été personnellement impliqué dans les longues et difficiles discussions de l'accord de 1996», a-t-il rappelé. Contrairement à la ministre de l'Économie Dominique Anglade, qui espère toujours un règlement rapide, M. Chrétien croit que les «étoiles ne sont pas alignées» pour une signature d'entente avant l'arrivée du nouveau président. Et mauvaise nouvelle pour les Canadiens: il sera protectionniste.

«Normalement, les républicains sont moins protectionnistes que les démocrates. Or, cette fois-ci, Donald Trump l'est davantage. Il est, je dirais, totalement protectionniste», note-t-il. Ce n'est guère mieux pour Hillary Clinton.

«Elle aussi a fait preuve de protectionnisme quand elle dit qu'elle ne signera pas, n'approuvera pas le Trans-Pacifique Partnership, le traité de libre-échange avec les pays du Pacifique», a-t-il ajouté.

L'industrie forestière du Québec s'attend aussi à un conflit long et pénible. Déjà, on se tourne vers l'État pour prêter aux entreprises qui devront «se rendre au bout d'une lutte juridique avec les Américains, qui peut durer deux ou trois ou quatre ans, et on parle d'une taxe qui pourrait être de l'ordre de 20 % à 25 %».

«Pour l'industrie du Québec, on parle de plusieurs centaines de millions de dollars», selon André Tremblay, président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec.

La Colombie-Britannique plus importante

La tâche du Québec sera de faire connaître son nouveau régime forestier, qui repose sur des enchères pour fixer les prix du bois de la forêt publique et qui ne peut plus s'apparenter à des subventions cachées.

Or, avant de négocier avec les Américains, le Québec devra s'entendre avec Ottawa, qui a tendance à prêter davantage son oreille à la Colombie-Britannique, qui a une industrie forestière plus vigoureuse.

«Le poids de la Colombie-Britannique est énorme simplement à cause du poids de son industrie», a noté M. Chrétien. Il promet toutefois d'user de tous ses contacts pour faire valoir le point de vue du Québec.

«À Ottawa, ils vont m'avoir dans les pattes à l'occasion, et j'ai bien l'intention de faire en sorte que le point de vue du Québec soit regardé, étudié, et qu'on lui donne le même poids, peut-être, que celui qu'on donne à celui de la Colombie-Britannique», a-t-il ajouté.

Rappelons que l'Accord sur le bois d'œuvre résineux de 2006 entre le Canada et les États-Unis s'est prolongé jusqu'en octobre 2015. Il prévoyait une trêve jusqu'au 12 octobre 2016 pour négocier, mais les deux parties n'ont pas encore réussi à s'entendre sur un nouvel accord.

-Avec Charles Lecavalier

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