Martine Turenne
Agence QMI

Plus de 100 millions de virements de fonds Interac

Plus de 100 millions de virements de fonds Interac

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Martine Turenne

Dernière mise à jour: 22-09-2016 | 18h21

Les Canadiens virent massivement des fonds d'un compte bancaire à un autre. En 2015, pas moins de 105 millions d'opérations de ce type ont été traitées par Interac, pour une somme de plus de 44 milliards $, un record.

La tendance à la hausse se poursuit dans l'utilisation de ce service qui permet de virer des fonds entre particuliers, entre entreprises et entre les deux. La moitié des Canadiens qui ont accès à un système bancaire le font.

Ainsi, en août dernier, plus de 13,5 millions d'opérations «Virement Interac» ont été enregistrées, pour plus de 5,6 milliards $. En moyenne, on compte plus de 436 000 transactions effectuées chaque jour, pour une somme de 181,8 millions $.

«Ces chiffres représentent les totaux mensuels et quotidiens les plus élevés jamais enregistrés depuis le lancement du service Virement Interac au Canada en 2002», a indiqué Interac jeudi.

Interac souligne que plus de 13,5 millions de comptes bancaires en ligne sont connectés à la plateforme «Virement Interac». Plus de la moitié des opérations de virement sont traitées sur le champ. Les appareils mobiles sont utilisés deux fois sur trois (65 %) pour déposer des fonds.

«La plateforme Virement Interac est devenue la norme pour les Canadiens qui envoient et reçoivent de l'argent par les canaux numériques», a dit Mark O'Connell, président et chef de la direction, Association Interac.

Pas la fin des chèques, ni de l'argent

Le virement est peut-être devenu la norme, mais cela ne signifie pas la fin des chèques, encore moins celle de l'argent comptant, estime l'économiste Hendricks Vachon, de chez Desjardins.

«Les virements Interac se substituent davantage aux chèques qu'à l'argent comptant, dit-il. Par exemple pour payer la garderie, le loyer, etc. Mais on ne fait pas de transfert à son épicier. Ça touche moins ce genre de transaction.»

Cela dit, les chèques auront toujours leur raison d'être, croit l'économiste, à tout le moins à moyen terme. «Il en restera toujours un peu. Il faut savoir que l'accès à internet plafonne autour de 85 % de la population, ce qui signifie qu'un 15 % n'y a toujours pas accès. Ces gens se retrouveraient exclus du système? Ça ne serait pas équitable. Par ailleurs, plusieurs, même s'ils sont connectés, préfèrent utiliser les chèques, tout simplement.»

Par ailleurs, il y a, et il y aura toujours des pannes informatiques. «Pour toutes ces raisons, je crois qu'on conservera une multitude de formes de paiements, qui vont se côtoyer sans s'éliminer, a souligné Hendricks Vachon. On ne va pas restreindre les choix, mais plutôt les étendre.»

Les virements Interac ont aussi leur propre lourdeur. Il faut s'inscrire au service sur le site web de son institution financière, connaître l'adresse courriel ou le numéro de téléphone mobile de la personne à qui on souhaite faire le transfert, et inventer une question de sécurité. Et il y a un coût: de 1 $ à 1,50 $ par virement en moyenne.

L'argent comptant circule moins

Près de 44 % de l'ensemble des transactions, en 2013, ont été effectuées avec de l'argent comptant, une forte baisse par rapport aux 53,6 % observés en 2009, selon des données publiées par Statistique Canada. La valeur est cependant stable, à 23 %.

Au total, il y a pour 80 milliards $ d'argent comptant en circulation.

Hendricks Vachon croit que des améliorations à ce mode de paiement seraient pertinentes.

«Par exemple, les 5 cents sont-ils encore utiles? Je ne crois pas. Tout comme les billets de 100 dollars, que peu de commerçants acceptent.» Ils n'ont tendance qu'à servir qu'au crime organisé.

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