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La Caisse soutient les actions multivotantes

La Caisse soutient les actions multivotantes

Michael Sabia, PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec.Photo Archives / Agence QMI

Les sociétés qui s'inscrivent en Bourse sont poussées à émettre plus d'une catégorie d'actions parce que les investisseurs rendent difficile la vie des entrepreneurs qui veulent faire croître leur entreprise sans avoir la crainte de faire face à une prise de contrôle, estime le PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia.

Lors d'une conférence prononcée à Toronto mardi, M. Sabia a affirmé qu'il éprouve de plus de plus de sympathie envers les compagnies qui mettent en place plusieurs catégories d'actions parce que les marchés se font de plus en plus impatients et ils sont davantage orientés vers le court terme, a rapporté le quotidien The Globe and Mail.

«Je pense que plusieurs de ces compagnies veulent avoir du temps pour construire, et elles veulent avoir la capacité d'investir. Et un fondateur veut être capable de diriger la stratégie de l'entreprise», a dit M. Sabia lors de l'assemblée annuelle de la Coalition canadienne pour une bonne gouvernance.

Alors que les gros fonds de retraite s'opposent traditionnellement aux actions qui accordent aux dirigeants un contrôle du vote qui est hors de proportion par rapport à leur niveau de propriété de l'entreprise, M. Sabia s'est dit enclin à davantage soutenir ces entrepreneurs, alors qu'il observe que les marchés des capitaux deviennent de plus en plus concentrés sur le court terme aux dépens de la croissance à long terme.

Le cas de Bombardier

Selon M. Sabia, les risques associés aux actions à droits de vote multiples peuvent être gérés par des règles de gouvernance adéquates.

Faisant allusion à Bombardier, dont le capital-action est à classe multiple, M. Sabia a indiqué que son appui aux actions multivotantes prend fin lorsque la performance de la compagnie est faible.

«C'est la performance qui compte, et lorsque la performance n'est pas là, cela crée des problèmes», a-t-il dit.

Bombardier a demandé une aide financière de 1,3 milliard $ au gouvernement fédéral. Selon des sources, les négociations achoppent notamment sur la gouvernance de l'entreprise, alors que la compagnie est contrôlée par la famille Bombardier-Beaudoin grâce à leurs actions multivotantes.

M. Sabia estime que l'encouragement à l'entrepreneuriat est l'un des plus grands défis économiques auxquels est confronté le Canada et le fait d'accepter plusieurs catégories d'actions peut aider davantage d'entrepreneurs à se tourner vers les marchés des capitaux pour se financer.

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