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Le PDG d'Amaya est poursuivi par l'AMF

Le PDG d'Amaya est poursuivi par l'AMF

David Baazov.Photo Archives / Agence QMI

Dernière mise à jour: 23-03-2016 | 13h31

MONTRÉAL - L'Autorité des marchés financiers vient de déposer 23 chefs d'accusation liés à des transactions d'initiés sur le titre d'Amaya, cinq visent directement le président-directeur général David Baazov.

L'AMF reproche au président et chef de la direction de Groupe de jeux Amaya d'avoir notamment aidé à transiger en possession d'une information privilégiée, d'avoir influencé ou tenté d'influencer le cours du titre d'Amaya et d'avoir communiqué une information privilégiée.

L'AMF enquêtait depuis plusieurs mois sur de possibles délits d'initiés sur le titre de l'entreprise de jeux en ligne de Pointe-Claire, dans le cadre de l'achat d'Oldford Group, propriétaire de la marque PokerStars, pour 4,9 milliards $, en juin 2014.

Selon les éléments de preuve recueillis, des individus ont profité d'informations confidentielles pour réaliser des profits, au cours d'une période, entre le 16 avril et le 13 juin 2014, où l'action d'Amaya a explosé de 244 %.

Deux autres personnes, Benjamin Ahdoot et Yoel Altman, font respectivement face à quatre et six chefs d'accusation. Dans leur cas, l'AMF les accuse d'avoir transigé en possession d'une information privilégiée et d'avoir influencé ou tenté d'influencer le cours de l'action d'Amaya.

Trois entreprises aussi accusées

Trois entreprises sont également accusées dans le même dossier: Diocles Capital (cinq chefs accusations), Sababa Consulting inc (trois chefs d'accusation) et une compagnie à numéro enregistrée en Ontario (trois chefs d'accusation).

L'Autorité n'a pas fourni beaucoup de détails sur la nature des accusations, mentionnant que les accusés auraient notamment utilisé, entre décembre 2013 et juin 2014, de l'information privilégiée reliée aux titres d'Amaya pour transiger. «Certains d'entre eux se seraient également concertés pour commettre certaines des infractions reprochées», a affirmé l'AMF mercredi.

Peu avant l'annonce, le titre d'Amaya a fait l'objet d'un arrêt de transactions à la Bourse de Toronto. La reprise des négociations a eu lieu à 9 h 50, mais moins de deux minutes plus tard, le coupe-circuit s'est activé et les transactions ont de nouveau été suspendues.

Pendant la courte période de transactions, le titre d'Amaya a plongé de 20,79 % pour s'échanger à 14,71 $.

L'action a été échangée dans un volume deux fois plus élevé que la moyenne quotidienne.

Les autorités boursières ont de nouveau autorisé les transactions à 9 h 56 et à 10h10, le titre perdait 19 % à 15,04 $.

Des ordonnances de blocage

Toujours dans le même dossier, l'AMF a aussi fait savoir qu'elle a exécuté des mandats de perquisition et obtenu des ordonnances d'interdiction et de blocage «afin de mettre fin aux activités d'un groupe de 13 individus».

En disposant d'informations privilégiées, les personnes concernées auraient réalisé un profit de près de 1,5 million $, entre 2011 et 2016.

Le tribunal administratif, le Bureau de décision et de révision, a prononcé des ordonnances de blocage et d'interdictions d'opérations sur valeurs à l'égard de Josh Baazov, Craig Levett, Nathalie Bensmihan, Isam Mansour, Mona Kassfy, Allie Mansour, John Chatzidakis, Eleni Psicharis, Alain Anawati, Karl Fallenbaum, Earl Levett, Feras Antoon et Mark Wael Antoon.

Ces personnes auraient transigé en possession d'informations privilégiées ou seraient à l'origine de plusieurs fuites d'informations privilégiées concernant différentes transactions potentielles de fusions et acquisitions impliquant notamment Amaya.

L'enquête de l'AMF se poursuit et que d'autres accusations pourraient être portées.

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