Carl Renaud
Agence QMI

Les Québécois angoissés par leurs finances

Les Québécois angoissés par leurs finances

Deux Québécois sur trois se disent endettés.Photo Fotolia

Carl Renaud

MONTRÉAL - Plus de deux Québécois sur cinq (42 %) sont angoissés par leur situation financière, indique une enquête réalisée par la firme Léger à la demande de Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT). Selon le document, l'angoisse a tendance à augmenter dans le temps des Fêtes et à la fin des vacances annuelles.

Deux personnes sur trois (66 %) se disent endettées. D'ailleurs, le quart des répondants estime que leur situation financière s'est détériorée au cours des trois dernières années.

«Notre sondage confirme que la gestion des finances personnelles est actuellement un casse-tête pour les Québécois, a dit Éric Lebel, associé chez RCGT. Mais, en même temps, ça a toujours été difficile de gérer de l'argent.»

La firme Léger a formulé 12 constats majeurs après s'être penchée sur les habitudes financières des Québécois. En plus d'analyser la situation financière des Québécois, la firme de sondage les a interrogés sur leur budget, la consommation, le crédit et l'épargne.

Dans le volet portant sur le budget, le sondeur a relevé que la plupart des Québécois (85 %) ont l'habitude de payer leurs factures avant l'échéance. Mais 33 % des répondants ont reconnu avoir déjà pigé dans leur épargne pour acquitter des factures.

Les principaux postes budgétaires des Québécois sont, bien sûr, le loyer ou l'hypothèque et l'épicerie. Les données du sondage indiquent que ces dépenses accaparent en moyenne 52 % du revenu net mensuel des répondants.

Léger et RCGT ont aussi constaté qu'un grand nombre de personnes ont des comportements pouvant nuire à leurs finances. Par exemple, 60 % des répondants ont dit faire fréquemment des achats imprévus parce que des articles convoités sont en rabais. Le quart des personnes sondées ont par ailleurs indiqué faire des achats inutiles et éprouver des regrets après un achat.

Dans le volet portant sur le crédit, on apprend que payer le solde d'une carte de crédit n'est pas évident pour plus de la moitié des Québécois. Selon le sondage, 43 % des répondants ont admis ne pas toujours parvenir à payer le solde inscrit à leur compte alors que 14 % n'arrivent jamais à le faire.

«Au Québec, il y a environ 40 000 personnes qui ont des difficultés financières, annuellement. Ce sont des gens qui ont de la misère à joindre les deux bouts. Et qui, parfois, doivent payer l'épicerie avec la carte de crédit», a ajouté Éric Lebel.

L'étude commandée par RCGT confirme aussi que les Québécois ont de la difficulté à planifier leur retraite et à épargner. Environ la moitié des répondants (51 %) n'ont pas de régime de retraite financé par leur employeur et 40 % n'ont pas de régime enregistré d'épargne-retraite (REER).

Quant à l'épargne, 22 % des répondants affirment qu'ils ne sont pas en mesure de mettre de l'argent de côté. D'ailleurs, 47 % des Québécois possèdent moins de 3 000 $ dans un fonds d'urgence pour faire face à un imprévu.

Cinq profils de Québécois

Dans le cadre de l'étude, Léger a établi cinq profils permettant de définir les rapports que les Québécois entretiennent avec leurs finances.

Le «dompteur» (16 % des Québécois) est un être de contrôle, qui planifie et anticipe chacun de ses mouvements.

Le «magicien» (34 %) est imprévisible et flamboyant. Il parvient à faire apparaître ce qu'il désire en prenant certains risques.

Le «jongleur» est plutôt insouciant, à la merci d'un vent de changement qui pourrait tout faire basculer.

Viennent ensuite le «contorsionniste» et le «cascadeur». Le premier est prêt à tout pour garder la tête hors de l'eau alors que le second carbure au danger, dans une vie excessive dans laquelle les chances de tomber sont élevées.

L'enquête a été réalisée auprès de 1002 Québécois âgés de 18 ans et plus, entre le 3 et le 12 décembre 2015.

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