Agence QMI

Une «saine croissance» pour Montréal et Québec

OTTAWA - Profitant de la faiblesse de la devise canadienne face au billet vert américain, Montréal et Québec devraient connaître une croissance respective de 2,3 % et 2 % en 2016, apprend-on jeudi dans la Note de conjoncture métropolitaine: Hiver 2016 publiée par le Conference Board du Canada.

«La dépréciation du dollar canadien et la vigueur de l'économie américaine sont de bonnes nouvelles pour les villes de Québec et de Montréal, et leurs industries axées sur l'exportation», a dit Alan Arcand, codirecteur du Centre d'études municipales du Conference Board.

«La croissance économique des deux villes est en progression, a-t-il poursuivi. En fait, nous prévoyons que la hausse du PIB réel à Montréal et à Québec dépassera la moyenne nationale pour la deuxième année consécutive en 2016, après avoir tiré de l'arrière pendant cinq ans d'affilée.»

L'an dernier, la métropole québécoise a enregistré une croissance de 1,7 % de son PIB réel. L'année 2016 s'annonce meilleure, avec une hausse anticipée de 2,3 %, devant Québec qui devrait afficher un gain de 2 %.

«C'est positif et on en est contents, a dit Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Ça correspond aux signaux qu'on reçoit depuis trois mois du milieu des affaires. Ce qu'on entend, c'est que la faiblesse du dollar et la robustesse de l'économie américaine ont des impacts positifs sur les exportations.»

À Montréal, c'est en effet la vigueur retrouvée du secteur manufacturier - avec une croissance de 3 % en 2016 - qui devrait enjoliver les données. Michel Leblanc croit que l'annonce d'Amazon Web Services de s'installer à Montréal, où elle pourra compter sur un centre carboneutre alimenté par de l'énergie hydraulique propre, sera précurseur d'une série d'autres nouvelles encourageantes.

«On s'attend à d'autres annonces comme ça en lien avec l'informatique en nuage», a dit M. Leblanc.

Pont Champlain

La construction connaîtra aussi un rebond à Montréal en raison de la reconstruction de l'échangeur Turcot et du pont Champlain, pour un total de 7,5 milliards $ d'investissements.

Ces deux projets pallieront à une baisse des mises en chantier du côté de l'immobilier. On prévoit aussi des «gains constants» dans le secteur des services et dans les huit secteurs industriels montréalais, ce qui dopera l'économie de la plus importante ville québécoise, où, prévoit-on, jusqu'à 26 000 emplois pourraient être créés d'ici la fin de 2016.

Selon le Conference Board, l'augmentation de la population active devrait toutefois empêcher le taux de chômage, qui s'élève à 8,2 % à Montréal, de se rapprocher de la moyenne nationale de 7 %.

Tourisme

Du côté de la Vieille-Capitale, les secteurs du tourisme et de la fabrication devraient tirer leur épingle du jeu, en raison, encore là, de la valeur du huard par rapport au dollar américain et à l'euro. Le secteur manufacturier devrait enregistrer une hausse de 3 %, devant les services à 2,3 %.

Les travaux au chantier naval Davie de Lévis, visant à convertir un porte-conteneurs en navire de ravitaillement de la marine, soutiendront la croissance pour au moins deux ans.

Le Conference Board souligne toutefois dans sa Note de conjoncture métropolitaine: Hiver 2016 que les mesures d'austérité instaurées par le gouvernement libéral à Québec «freinent la croissance de l'administration publique dans la capitale provinciale». La croissance globale du PIB réel de Québec devrait se fixer à 2 %, en 2016, soit tout juste un peu plus qu'en 2015 à 1,9 %.

Jusqu'à 4000 emplois pourraient être créés cette année dans la ville du maire Régis Labeaume, soit la moitié moins qu'en 2015.

-Avec la collaboration de Martine Turenne

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