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Catastrophes météorologiques: la facture d'Ottawa bondira à 900 millions $ par année

Catastrophes météorologiques: la facture d'Ottawa bondira à 900 millions $ par année

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OTTAWA - L'aide financière que le gouvernement canadien verse aux provinces en cas de catastrophes découlant d'un événement météorologique devrait atteindre en moyenne 900 millions $ annuellement au cours des cinq prochaines années, estime le Directeur parlementaire du budget (DPB), Jean Denis Fréchette.

Le DPB anticipe que, de 2016-2017 à 2021-2022, le programme «Accords d'aide financière en cas de catastrophe causée par un événement météorologique» (AAFCC) devrait recevoir annuellement des demandes de remboursement de 229 millions $ pour les ouragans, les orages de convection et les tempêtes hivernales, et de 673 millions $ pour les inondations, ce qui totalise 902 millions $.

Le rapport des analystes indépendants qui travaillent au bureau du Directeur parlementaire du budget souligne que le coût du programme d'aide fédérale est en majeure partie attribuable aux inondations; celles-ci représentant 75 % du total des dépenses encourues.

Manque d'assurance privée

«Cette proportion élevée s'explique en partie par le manque d'assurance privée contre les inondations au Canada. De plus, le programme n'est pas conçu de manière à encourager la limitation active des dommages causés par les crues dans bon nombre des régions affectées. Par exemple, le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta représentent 82 % des dépenses des AAFCC ces 10 dernières années (2005-2014), presque entièrement en raison des inondations qu'elles ont subies. Or, seulement 18 % de la population du Canada habite ces provinces», lit-on dans le rapport d'une cinquantaine de pages.

Dans les Prairies, ajoute le DPB, la réglementation peut poser problème - application, observation lacunaire - lorsque la gestion des plaines inondables relève des municipalités.

En Saskatchewan, les terres humides sont parfois drainées sans obtenir de permis, ce qui augmente les débits de pointe pendant les inondations.

«En Alberta, les cartes des zones inondables semblent inexactes, d'autant plus que la province les établit sans tenir compte du débordement des eaux souterraines, ni des coulées de débris dans les ruisseaux à flanc de montagne», explique le rapport.

Pas de coordination interprovinciale

Enfin, le DPB signale que la coordination interprovinciale de la gestion des inondations n'existe pas au Canada.

«Pourtant, dans les autres pays où elle est utilisée, cette méthode réussit à atténuer les dommages. Elle serait particulièrement la bienvenue dans les Prairies, où les rivières, comme la Saskatchewan et ses tributaires, traversent les trois provinces», insiste le rapport.

Au cours des cinq dernières années au Canada, plusieurs événements météorologiques ont causé de lourds dommages et les transferts annuels aux provinces ont été beaucoup plus élevés que le crédit nominal affecté au programme d'aide fédéral, qui est de 100 millions $ par an.

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