Geneviève Lajoie
Agence QMI

Anticosti: Pétrolia n'exclut pas de poursuivre Québec

Geneviève Lajoie

Dernière mise à jour: 15-02-2016 | 19h55

QUÉBEC - L'entreprise Pétrolia n'exclut pas de poursuivre le gouvernement Couillard si l'entente de partenariat pour l'exploration de l'île d'Anticosti n'est pas respectée. 

Le président-directeur général de la pétrolière québécoise, Alexandre Gagnon, réclame une rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard, qui s'est ouvertement positionné contre la confirmation du potentiel pétrolier et gazier sur l'île du golfe du Saint-Laurent. 

«Nous méritons d'être traités avec respect, nous sommes des partenaires après tout», a-t-il déclaré lundi en conférence de presse.

M. Gagnon soutient que le gouvernement a coupé tous les canaux de communication avec son entreprise depuis le sommet sur l'environnement de Paris, début décembre.

«Depuis les premières déclarations du premier ministre, nous avons tenté avec des lettres officielles, des lettres d'avocats, des courriels, des appels, des lettres du consortium Hydrocarbures Anticosti d'obtenir une rencontre avec un ministre, ou le premier ministre, et à ce jour, toutes ces demandes sont restées lettre morte», a-t-il précisé.

Demande de certificat

Le PDG de Pétrolia a confirmé que les négociations en vue d'un partenariat pour l'exploration d'Anticosti ont débuté sous le gouvernement libéral de Jean Charest.

L'entreprise a déposé il y a quelques jours à peine une demande de certificat au ministère de l'Environnement pour effectuer trois forages avec fracturation hydraulique sur l'île, tel que le commande le contrat qui la lie au gouvernement.

Alexandre Gagnon craint que le processus ne soit vicié en raison des récentes déclarations du premier ministre, qui a dit s'attendre à ce que les fonctionnaires chargés d'autoriser les forages suivent les orientations politiques du gouvernement.

Treize millions de dollars ont été investis jusqu'à maintenant par Ressources Québec - filière d'Investissement Québec - et près de 11 millions $ par la société française Maurel et Prom pour explorer le sous-sol d'Anticosti.

Couillard ne ferme pas la porte

Philippe Couillard ne «ferme pas la porte à une éventuelle rencontre», a affirmé lundi le cabinet du premier ministre. «Mais il est trop tôt pour vous communiquer une date», a insisté son porte-parole, Harold Fortin.

Au bureau du ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, on assure que les canaux de communication sont toujours ouverts. «S'il y avait une nouvelle demande de rencontre de la part de l'entreprise, elle sera évaluée», a-t-on dit à son cabinet.

Qu'une entreprise partenaire d'affaires de l'État en soit rendue à «quémander» une rencontre avec le premier ministre, c'est «inédit», selon le député péquiste Bernard Drainville. L'opposition officielle demande à Philippe Couillard de respecter sa signature et de s'asseoir avec l'entreprise pour dénouer l'impasse.

«L'orgueil» du PM

Le chef caquiste François Legault craint que «l'orgueil» du premier ministre coûte cher aux Québécois, qui devront payer la note de la poursuite. «C'est du jamais vu de la part d'un chef du Parti libéral. On peut se demander aujourd'hui: est-ce que Philippe Couillard est du côté de Québec solidaire ou s'il s'occupe des vraies affaires?»

La députée solidaire Manon Massé appuie effectivement le gouvernement libéral dans son intention de mettre fin au projet d'exploration de l'île d'Anticosti. «On est plutôt fiers du premier ministre parce que c'est du bord du peuple québécois qu'il est», a-t-elle déclaré.

Elle accuse les péquistes et les caquistes de jouer les lobbyistes pour l'industrie pétrolière.

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