Denise Proulx
Agence QMI

Bell Helicopter élimine 200 emplois à Mirabel

Denise Proulx

Dernière mise à jour: 11-02-2016 | 14h34

MIRABEL - Bell Helicopter a annoncé jeudi sa décision de supprimer 200 nouveaux emplois permanents à son usine de Mirabel.

Ces compressions s'ajoutent à la réduction de 300 postes abolis au printemps dernier et de 150 autres, disparus en juin 2014.

En décembre 2015, l'usine de Mirabel avait supprimé 50 emplois dans son département d'assemblage et avait annoncé que des postes seraient éliminés dans les bureaux au début de 2016.

Son président, Raymond Leduc, en poste depuis seulement un an, a également quitté ses fonctions. Il avait pris la direction générale en remplacement de Barry Kohler, un Montréalais de souche devenu vice-président exécutif chez Bell Helicopter à Fort Worth, au Texas.

Les 200 départs supplémentaires seront effectifs dans la première quinzaine de mars 2016, a-t-il été annoncé jeudi matin aux employés.

Difficultés

La direction justifie cette nouvelle réduction d'emplois par les difficultés du secteur aéronautique, autant dans le secteur militaire que commercial.

«L'ajustement des nouvelles coupures s'est avéré plus important que prévu il y a quelques semaines. Ils sont en lien avec le calendrier de production qui doit être revu à la baisse», a confirmé la responsable des communications Lucie Tessier.

Bell Helicopter produit uniquement des appareils commerciaux, de moyenne dimension, mais l'entreprise doit composer avec les contrecoups des difficultés généralisées du secteur. Le fabricant n'a pas voulu détailler à quelle hauteur cette chute des commandes affecte l'usine de Mirabel.

De fait, depuis 2014, l'effectif est passé de 2000 employés à environ 1200.

Commandes respectées

Par ailleurs, Bell Helicopter confirme que les suppressions de personnel n'affecteront pas les engagements inscrits au carnet de commandes.

Au début février, l'usine de Mirabel a livré le dernier les 15 hélicoptères de modèle 429. Ces appareils sont destinés au transport léger et ont été achetés en 2014 au coût de 172 millions $ par le gouvernement fédéral pour renouveler une partie de sa flotte d'hélicoptères de la Garde côtière.

Une seconde commande de sept hélicoptères supplémentaires, de type Bell 412EPI de transport moyen, ont été achetés au coût de 156 millions $ pour les besoins de la Garde côtière, en avril 2015.

Leur assemblage devrait débuter dès les prochaines semaines, pour une livraison prévue en mars 2017.

Lors de chacune de ses annonces, le ministre fédéral de l'Infrastructure, Denis Lebel, déclarait que ces contrats permettraient de consolider près de 575 emplois directs et indirects à l'usine de Mirabel de Bell Helicopter pendant les cinq prochaines années.

En mars 2015, Bell Helicopter avait également décroché un contrat pour fournir 200 appareils à Air Methods Corp., le plus important fournisseur de transports médicaux du monde.

Des rumeurs inquiétantes

Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, se dit très inquiet de voir encore disparaître des emplois chez Bell Helicopter.

«Depuis deux ans, on a perdu 800 emplois. J'ai aussi entendu des rumeurs de personnes du milieu de l'aéronautique qui disent que l'usine pourrait être complètement fermée. Il est temps que Bell Helicopter nous parle de sa vision pour les prochaines années à Mirabel. Si elle a l'intention de fermer, qu'elle le dise », a-t-il déclaré.

Le maire entend faire appel aux deux ministres de l'Économie, Dominique Anglade à Québec et Navdeep Bains, à Ottawa, afin que l'entreprise américaine donne l'heure juste aux travailleurs et à la population.

«On ne veut pas se retrouver devant un fait accompli, comme avec RONA», a ajouté M. Bouchard.

De son côté, Bell Helicopter nie catégoriquement cette possible intention de fermer l'entreprise à Mirabel, de la part du siège social de l'entreprise Textron.

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