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Déficit fédéral: jusqu'à 50 milliards $ sur deux ans

Déficit fédéral: jusqu'à 50 milliards $ sur deux ans

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MONTRÉAL - Le déficit fédéral pourrait atteindre les 50 milliards $ sur deux ans en raison de la croissance économique plus faible au pays, causée notamment par l'affaissement des cours du pétrole; cette situation aura un impact important sur les finances publiques.

Ottawa n'a pas chiffré l'ampleur des déficits appréhendés pour les prochaines années, compte tenu du recul des cours du pétrole, mais pour les économistes Krishen Rangasamy et Warren Lovely de la Banque Nationale «les mesures de stimulation fédérales promises par le Parti libéral pendant la campagne électorale pourraient pousser le déficit budgétaire fédéral à environ 25 milliards $ par an, soit un peu plus de 1 % du PIB», écrivent-ils dans un rapport.

C'est que la baisse des prix de l'énergie et une chute supérieure à 10 % des investissements résidentiels au pays pourraient faire chuter la croissance canadienne à 0,9 % cette année, estiment ces économistes. Il s'agit d'un recul appréciable sur la prévision de croissance antérieure, estimée à 1,6 %.

Cette prévision plus faible se répercutera inévitablement sur les revenus et le déficit budgétaire de l'État.

Les deux économistes considèrent que le déficit fédéral, avant les mesures de stimulation, s'élèvera à environ 15 milliards $ pour chacune des deux prochaines années.

«Ce qui est pire, c'est que l'effet sur les finances publiques pourrait être durable, car en raison d'une diminution du stock de capital, le potentiel de croissance de l'économie est d'ores et déjà gravement réduit», expliquent-ils.

Cela dit, l'ampleur de ce déficit ne devrait pas empêcher le gouvernement Trudeau d'adopter les mesures de stimulation promises. Bien au contraire.

«L'affaiblissement économique aigu des provinces pétrolières et la diminution de l'efficacité de la politique monétaire conventionnelle pourraient même militer en faveur de mesures plus importantes et plus rapides du gouvernement fédéral, qui dispose de capacités budgétaires de réserve», opine la Banque.

La Banque Nationale est même d'avis que «grâce aux succès antérieurs de la réduction de la dette, Ottawa pourrait se permettre des déficits même encore plus importants pendant deux ans (de 30 à 35 milliards $) sans éroder sa solidité financière à long terme».

Le Québec

Peu exposé au secteur de l'énergie, le Québec s'en sortira mieux que les autres provinces productrices d'or noir.

Parce que sa vitesse de croisière est plus basse, la croissance du PIB réel du Québec devrait cependant demeurer, «une fois de plus», à la traîne de celles de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

La Banque Nationale prévoit donc une croissance économique de 1,4 % pour le Québec en 2017, comparativement à 2 % pour l'Ontario et à 2,4 % pour la Colombie-Britannique.

Cette année, la croissance prévue est de 1,1 % pour le Québec, de 2,4 % pour l'Ontario et de 2,4 % pour la Colombie-Britannique.

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